| Ecrit par Elodie Vialle,
le 28-07-2008 01:00
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Le plus célèbre des cinéastes égyptiens s’est éteint, hier, au Caire, à l’âge de 82 ans. Retour sur le parcours de l’enfant terrible du cinéma arabe, engagé et sans concession 
Youssef Chahine a marqué l'histoire du cinéma arabe (photo AFP)Pour ceux qui l’ont côtoyé, il était une "personnalité mythique du cinéma arabe", voire même "l'un des cinéastes les plus importants du monde". Youssef Chahine est décédé hier matin au Caire. Ses funérailles ont lieu aujourd’hui dans la capitale égyptienne, puis le cinéaste doit être enterré dans le caveau familial à Alexandrie, la grande ville du nord où il est né. Victime d'une attaque cérébrale le 15 juin dernier, Chahine avait été transféré dans le coma à l'hôpital américain de Neuilly, en France, avant d'être rapatrié vers l'Egypte à la mi-juillet. A Paris, Nicolas Sarkozy lui a rendu hommage hier, saluant " un fervent défenseur de la liberté d'expression et plus largement des libertés individuelles et collectives " qui " aura cherché, tout au long de sa vie, à travers l'image, à dénoncer la censure, le fanatisme et l'intégrisme".
Opposant infatigable à l’islamisme Détracteur des pouvoirs, critique infatigable du régime égyptien, Youssef Chahine était également un pourfendeur des extrémismes. Son œuvre, saluée à l’étranger, mais souvent contestée dans son propre pays, a été marquée par ces thématiques sociales et politiques. La Terre (1969), devenu un classique du cinéma égyptien, raconte la lutte entre paysans et propriétaires terriens dans le Delta du Nil. Le Destin (1987) dénonce le fanatisme. Alexandrie, Pourquoi (1978), premier volet d'une trilogie autobiographique, rappelle la lutte contre l’occupation anglaise de son pays. Son dernier long métrage Le chaos, coréalisé avec Khaled Youssef en 2007, évoque l'étendue de la corruption et de la torture en Egypte. Youssef Chahine avait également fait jouer Dalida, dans le Sixième jour, en 1986. (Regarder la conférence de Dalida et de Youssef Chahine) Le cinéaste, surnommé "Joe" par les Egyptiens, était marié à une Française, Colette. Il n'avait pas d'enfants. Auteur de 35 films et de six documentaires, il avait obtenu en 1997 le Prix du cinquantième anniversaire du Festival de Cannes pour l'ensemble de son œuvre. Avec sa mort, c’est une part de liberté du cinéma égyptien, mais aussi un style unique, provocateur, et parfois même outrancier, qui disparaît. Elodie VIALLE (www.lepetitjournal.com) lundi 28 juillet 2008 En savoir plus : France Info - La mort du cinéaste égyptien Youssef Chahine L'Express - Les hommages à Youssef Chahine se multiplient en France Vidéo - Un extrait d’Alexandrie…New York
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