| Ecrit par Alexandra Beugnet,
le 24-07-2008 00:00
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Le site archéologique de Tulum est considéré comme l’un des plus beaux du monde. Il est aussi estimé comme un lieu des plus lucratifs par les compagnies hôtelières. Le conflit qui oppose propriétaires et instances gouvernementales arrive à sa fin : déjà 6 hôtels fermés

Site archéologique de Tulum (source beatrizweb.com) En 1981, Tulum a été décrété Parc National par José López Portillo, ex-président mexicain. Il s’agissait de protéger la faune et la flore et les vestiges de la ville millénaire. Les terrains avaient été expropriés, mais, selon César Portilla Rosado, propriétaire de 100 hectares et d’un hôtel, "ils n’ont jamais pris possession du site, aucun plan de gestion n’a été élaboré, rien !". Les propriétaires n’ont reçu aucune indemnisation et ils clament l’action inconstitutionnelle. Roberto Palazuelos, acteur et propriétaire de l’hôtel Diamante K, ne mâche pas ses mots : "l’intention (de l’ex-président) n’était pas de créer un parc mais de voler les terrains. J’ai des preuves !". Alfredo Arellano, biologiste et directeur régional de la Commission Nationale des Zones Naturelles du Yucatan et des Caraïbes, reconnait que depuis le début la corruption, le trafic d’influence et les appétits financiers ont miné la situation. Car en 1987, les terres ont été restituées aux propriétaires qui ont reçu des permis de construire illégaux. Les hôtels ont alors fleuri, allant de bungalows modestes à d’énormes complexes hôteliers, par exemple l’hôtel Dreams, de 15 hectares. Aucune permission de l’INAH (Instituto Nacional d’ Antropología e Historia) n’a été émise comme le stipule la loi. Le nouveau projet de loi : donner plus de pouvoir à la société civile. Le flou juridique qui règne sur les propriétés est le premier problème à régler, selon le spécialiste en protection des biens culturels à niveau international, Jorge Sanchéz Cordero. La Zone de la Riviera Maya est "prise dans un labyrinthe légal où convergent différentes classes de propriétés, chacune avec son propre cadre juridique". L’incertitude dominante favorise les intérêts personnels au détriment de la nation mexicaine. Monsieur Cordero fait partie des promoteurs du projet de loi qui sera examiné par les députés très prochainement. Il explique : "(cette loi) donnera la possibilité de s’opposer aux changements d’usage du sol, qui est à l’heure actuelle l’un des problèmes les plus graves". Les propriétaires de terrains devront se formaliser systématiquement. En outre, il affirme que l’INAH, l’INBA (Instituto Nacional de Bellas Artes), les entités culturelles correspondantes, les municipalités et la société civile auront plus de pouvoir afin de protéger et défendre ce qui appartient à la nation. L’objectif final est la démolition des hôtels et déjà 6 d’entre eux ont été fermés temporairement ou définitivement, pour irrégularités. Symboliquement le litige a une grande valeur. Le procureur de l’environnement, Patrón Laviada, explique : "Nous sommes en train de rompre un paradigme, si tu étais installé, personne ne pouvait te toucher, mieux valait demander pardon que la permission. Nous voulons que le bras de la loi puisse atteindre quoique ce soit". Alexandra BEUGNET. (www.lepetitjournal.com) jeudi 24 Juillet 2008
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