| Ecrit par La rédaction,
le 31-07-2008 01:00
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Il n’y a rien de commun entre Annie Ernaux, Marie Sizun, Delphine Minoui ou Lionel Shriver. Pas plus qu’entre Jean Teulé, Carl Aderhold, Franz Bartelt, Eric Laurrent, Guillaume Musso, ou José Saramago. Sauf que si vous ne les avez pas lus cette année, c’est le moment d’en profiter !
Mort aux cons, Carl Aderhold (Hachette littératures, 325p, 19€) Lorsque par un soir de désœuvrement, le narrateur balance le chat de sa voisine par la fenêtre, il n’imagine pas le bien que ce premier meurtre va faire à tout l’immeuble. Aussi, d’abord pour créer du lien social, se met-il à dégommer en douce les animaux du quartier. Et passe tranquillou à tous ceux qui l’enquiquinent. La difficulté sera ensuite de distinguer les cons qui ne méritent pas de vivre, des autres dont les ravages sont plus inoffensifs. Carl Aderhold livre un premier roman pétillant de cynisme, de lucidité et d’humour noir poussé à l’extrême. B.R. (www.lepetitjournal.com) jeudi 31 juillet 2008
La belle maison, Franz Bartelt (Le dilettante, 157p, 15€) Ayant le cœur sur la main, les 2.000 habitants de Cons-sur-Lombe décident d’offrir une maison aménagée de tout le confort moderne à son unique couple de pauvres. Dans le plus grand secret s’organise la cérémonie de remise des clés à la veille du 14 juillet. L’événement est énorme et le style un mélange de Marcel Aymé et de Pierre Desproges. Avec une question au cœur : à qui profitent les meilleures intentions du monde ? Drôle et cruel à la fois : délicieux ! D.M. (www.lepetitjournal.com) jeudi 31 juillet 2008
Les années, Annie Ernaux (Gallimard, 242 p, 17 €) C'est peut-être le roman le plus ambitieux que l'on puisse lire en ce moment. Des années 50 à nos jours, Annie Ernaux empile les signes des temps et invente l'autobiographie collective. Elle feuillette à l'imparfait l'album intime de nos souvenirs communs, épingle et collectionne les détails de l'Histoire au quotidien, la teneur des conversations dominicales, la place des désirs de chacun... Fluide et vertigineux, Les années déroule en panoramique une vie, nos vies, celles de nos parents, de nos enfants. Écrit à la troisième personne, le roman se tient sur un fil, à la fois distant et brillamment général. Il est pourtant plus plein que jamais de son auteure. A ce jour, certainement le point culminant de son œuvre. J.M.J. (www.lepetitjournal.com) jeudi 31 juillet 2008
Renaissance italienne, Eric Laurrent (Les éditions de minuit, 160 p, 14 €) Eric Laurrent a une réputation méritée d'auteur sophistiqué. Son précédent roman, Clara Stern, le laissait en mal d'amour. Celui-ci célèbre une renaissance, sentimentale et littéraire. Élégant, poseur, drôle, Proustien et pas dupe de son propre talent, Eric Laurrent arrange d'infinies sinuosités, entrechoque dandysme et sensibilité. A sortir d'intenses périodes joueuses et interminables, il nous laisse pantois et ravi d'être invité à partager les bonheurs de la langue avec lui. Sous l'érudition et l'humour distant, sa finesse d'analyse des mouvements amoureux fini de nous convaincre que Renaissance italienne n'est pas un exercice brillant mais une tentative sincère de concilier notre époque et une certaine hauteur de style. J.M.J. (www.lepetitjournal.com) jeudi 31 juillet 2008
Les Pintades à Téhéran, Delphine Minoui (édition Broché, 198 p, 20€) Après avoir arpenté les rues new-yorkaises et visité Paris, les Pintades font escale à Téhéran. Pour l’occasion, Les Pintades à Téhéran dresse un portrait hilarant du quotidien des Iraniennes. L’auteur, journaliste française installée depuis huit ans en Iran, décrit leur courage quant "contraintes au silence", elles "ne baissent pas les bras", mais toujours avec humour. Car malgré le régime en place, les Iraniennes se libèrent une fois la porte de leur maison franchie. A l’image des femmes occidentales, elles refont le monde avec toujours une bonne dose de féminisme. Le lecteur peut alors découvrir une société dont il ne soupçonne pas l’existence. Car les Occidentaux savent finalement peu de choses sur le mode de vie des femmes en Iran. Une agréable façon de le découvrir ! A.B. (www.lepetitjournal.com) jeudi 31 juillet 2008
Je reviens te chercher, Guillaume Musso (XO éditions, 340p, 19,90€) "Dépêchez-vous de vivre, dépêchez-vous d’aimer…". Le quatrième roman de Guillaume Musso a de quoi ravir ses fans : de l’intrigue, de l’amour et du surnaturel ! Et en choisissant comme titre, une chanson de Gilbert Becaud, l’auteur donne le ton. Car l’histoire racontée est celle de l’amour, le vrai, et la difficulté de le vivre et de le garder dans le monde moderne. Je reviens te chercher est un hymne à la vie, même si le destin tragique des trois protagonistes ne prête pas forcément à l’allégresse. Le livre tient en tout cas le lecteur en haleine, rendant ce pavé de 340 pages beaucoup trop court ! A.B. (www.lepetitjournal.com) jeudi 31 juillet 2008
Les intermittences de la mort, José Saramago (Seuil, 236p, 20€) Quand dans un pays sans nom les gens cessent soudain de mourir, l’heure est d’abord à l’allégresse. Jusqu’à ce que la vie éternelle devienne un vrai cauchemar pour la population écartelée entre les aspirations religieuses et le pouvoir en place qui tente de réguler les passages à la frontière. Une fable détonante au méconnu humour portugais et à l’écriture bien léchée qui porte le cynisme à son plus haut point. A.L. (www.lepetitjournal.com) jeudi 31 juillet 2008
Il faut qu’on parle de Kevin, Lionel Shriver (J’ai lu, 607p, 8€40) Parce que son fils a commis un des massacres le plus sanglant du pays dans son lycée, Eva entame une correspondance pointue avec son mari. Elle retourne aux sources de leurs relations, avant la naissance de Kevin, s’interroge sur les conditions de ses maternités, et redessine les épisodes marquants de leur vie familiale. Un roman puissant sur les mystères de l’éducation. Impossible à quitter et à oublier. B.R. (www.lepetitjournal.com) jeudi 31 juillet 2008
La femme de l'Allemand, Marie Sizun (Arléa, 244 p, 17€) Le Grand Prix des Lectrices de Elle a été attribué cette année à Marie Sizun, pour La femme de l'Allemand. C'est le second roman d'une femme venue à la littérature sur le tard, à l'âge de la retraite, après une carrière d'enseignante à l'étranger. A 67 ans, elle raconte une histoire d'enfance dans la France d'après guerre. La petite Marion est la fille d'un fantôme, d'un Allemand. Elle vit avec sa mère, submergée peu à peu par sa nature maniaco-dépressive. Un roman écrit à la seconde personne du singulier où l'auteure semble dialoguer avec celle qu'elle était. J.M.J. (www.lepetitjournal.com) jeudi 31 juillet 2008
Le Montespan, Jean Teulé (Julliard, 333p, 20€) Depuis L’Assiette anglaise à la télé, Jean Teulé a parcouru un sacré chemin littéraire avec notamment Rainbow pour Rimbaud en 91 ou Le Magasin des suicides paru l’an dernier. Dans Le Montespan, on retrouve toute sa verve croquignolesque autour de données historiques peut-être mais coquines surtout. Car il est ici question de Monsieur Montespan, cocu vigoureux et rebelle sous Louis XIV. Sympathique en diable. A.L. (www.lepetitjournal.com) jeudi 31 juillet 2008
Elégie pour un Américain, Siri Hustvzedt (Actes Sud, 395p, 23€) "Les lieux anciens raniment les intempéries de notre passé. Les vents paisibles, les calmes douloureux et les fortes tempêtes des émotions oubliées nous reviennent lorsque nous retournons là où elles sont nées." Lorsque Siri Hustvzedt se met dans la peau d'un psychanalyste new-yorkais pour raconter sa propre histoire familiale, elle utilise autant d'éléments personnels - comme les carnets de son père défunt - que de fragments de l'histoire récente des Etats-Unis, avec notamment de sublimes pages sur le 11 Septembre. Ainsi, son roman aux personnages multiples qui courent sur trois générations, est dense. Une écriture un peu froide et sans fioriture épargne le pathos pour diffuser une atmosphère vaguement déprimante. Découvrir les épisodes de la famille Davidsen revient à plonger au coeur d'une Amérique sensible, où les liens entre les lieux, leurs habitants et leurs accidents revêtent un caractère profondément humain. B.R. (www.lepetitjournal.com) jeudi 31 juillet 2008
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