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Commerce très fructueux, des dizaines de chansons apparaissent tous les jours à la radio et à la télévision. Parmi elles, les chansons banales installent une nouvelle culture prosaïque et stéréotypée 
Auparavant réservées aux mariages ou aux fêtes entre amis, les chansons populaires envahissent aujourd'hui les écrans de télévision (photo LA-LPJ)Ces chansons qui avaient naguère une présence restreinte dans quelques mariages populaires et dans les minibus, conquièrent des adeptes surtout parmi les jeunes. Les chaînes satellitaires nous imposent ce goût et influencent ainsi la culture des enfants et des jeunes par une musique et des danses discutables. Les responsables de ces chaînes répètent constamment qu’ils n’imposent rien et que le téléspectateur peut changer de chaînes. Cependant, comment peuvent faire les passagers des microbus dont la plupart des chauffeurs consomment ce genre de musique ? Chanson dédiée à l’âne Saad El-Soghayar, ou Saad le petit, est un de ces chanteurs. Il a acquis une grande notoriété ces dernières années et a suscité toute sorte de réactions par ses paroles choquantes et une musique bruyante. Une chanson dédiée à l’âne, Je t’aime ô âne, une autre consacrée aux fruits (dattes, raisins, bananes), d’autres intitulées je vais me marier, la calèche, Hassan Baarour …etc. Et les clips de M. El-Soghayar sont à la hauteur de son vocabulaire. Souvent accompagné de cavalières dénudées dans ses clips, le chanteur y danse mieux que les danseuses du ventre, en faisant des gestes aux symboles sexy qui choquent et attirent une clientèle privée de tels spectacles par la religion et les coutumes. Ainsi Saad joue sur les désirs refoulés, un jeu qui a toujours trouvé ses "fans" dans une telle société. Saad El-Soghayar, Rico, Adaweya, Amina ainsi que d’autres chanteurs et chanteuses dits populaires ont envahi également le cinéma égyptien, et y ont laissé leurs traces équivoques. 
Affiche d'un film de Saad El-SoghayarEn navigant sur le site You Tube, vous trouverez ces clips : http://www.youtube.com/watch?v=qgpCy9-uu_U&NR=1 http://www.youtube.com/watch?v=XzOV1wYr9QQ&feature=related http://www.youtube.com/watch?v=UupF0ye5cXo&feature=related Paradis et enfer Ce phénomène s’est largement développé et même l’Université de Mansourah a invité Saad El Soghayar à chanter pour l’inauguration de son premier festival de culture et d’art en 2006, celui-ci la remercia en chantant son amour pour l’âne. Essam Chaaban, est le fils d’un chanteur réputé pour sa naïveté utopique et ses origines modestes, Chaaban Abdel Réhim. Essam essayant de se faire une place dans ce milieu, joue l’homme pieux en chantant Elle ira en enfer. Il y exprime son avis sur le milieu musical arabe en une simple phrase "tu t’habilles tu vas au paradis tu te dévêts tu vas en enfer". Il cite les noms des chanteuses, danseuses et actrices -que des femmes- qui, selon lui, iront en enfer. Sans commentaire… Lama AHMED (www.lepetitjournal.com – Le Caire – Alexandrie) jeudi 24 juillet 2008 |