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Le 20 novembre 1975, mourait Francisco Franco, après 40 jours d’agonie. Avec lui s'achevaient 36 années de dictature. Portrait d’un homme qui a durement marqué l’histoire de l’Espagne
Des supporters de Franco commémoraient, hier 20 novembre à Madrid, les 30 ans de sa mort. (Photo : LPJ)
Le 20 novembre 1975, Francisco Franco Bahamonde s’éteignait, laissant derrière lui 36 années de dictature. Après avoir été général, le Caudillo a pris la tête du gouvernement espagnol au terme de la guerre civile (1936-1939). Une date qui marquait aussi le début de l’exil. Près d’un demi-million de réfugiés sont ainsi arrivés sur le sol français, en janvier et février 1939, après que les troupes franquistes aient conquis la Catalogne, une des dernières régions encore aux mains de la République.
Durant son "règne", Franco a imposé à l’Espagne un régime autoritaire, catholique et conservateur, appuyé par l’Eglise et l’armée. La Catalogne reste d’ailleurs très marquée par, entre autre, le vaste programme de "castillanisation", qui interdisait l’usage du catalan dans les lieux publics.L’ensemble des villes, villages et rues avaient été également rebaptisé en espagnol. D’autre part, la langue de la Castille avait été proclamée langue officielle dans l’enseignement ainsi qu’à la radio, à la télévision et dans la presse.
Si la politique de Franco a connu une relative ouverture à partir des années 50, il a cependant continué à maintenir la répression contre les mouvements de l’opposition jusqu’à sa disparition. La monarchie en été rétablie après sa mort, en la personne de Juan Carlos Ier, petit-fils du roi Alphonse XIII, fils de Don Juan de Bourbon.
Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?
Depuis l’arrivée au pouvoir de la gauche, les statues, plaques, monuments commémorant le général Franco sont dans le collimateur du gouvernement de José Luis Zapatero.
Le 17 mars dernier, la statut équestre a été retirée -certains disent "kidnappée"- pendant nuit, de la place San Juan de la Cruz, au centre de Madrid. Une action qui avait réanimé le fantôme des deux Espagne, celle de gauche et celle de droite, et qui manifestait la volonté du nouveau gouvernement d’effacer toute trace franquiste du paysage espagnol. Une loi avait d’ailleurs été votée, en septembre 2004, stipulant que tous les symboles franquistes devaient être éliminés des lieux publics.
Pourtant, chaque 20 novembre, et donc hier, des nostalgiques d’extrême-droite commémorent la mort du Caudillo et vont notamment se recueillir sur sa tombe, dans la basilique Sainte-Croix del valle de los Caìdos, au nord de la Communauté de Madrid.
Delphine TALVAT. (LPJ) 21 novembre 2005 |