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Après une politique de l’oubli, visant à faire impasse sur ses 40 ans de dictature, l’Espagne tente aujourd’hui d’éclaircir les années noires de la guerre civile. Le célèbre magistrat Baltazar Garzon, en charge du dossier, enquête sur les oubliés de cette guerre 
La présence de la statue équestre de Francisco Franco dans le centre ville de Santander suscite des controverses (wikipedia)
Le fameux magistrat Baltazar Garzon, connu pour son mandat d’arrêt lancé contre Pinochet, l’ex-dictateur chilien, ou encore pour sa demande d’expulsion de l’assemblée parlementaire du conseil de l’Europe, de Silvio Berlusconi, se lance maintenant dans une affaire nationale : l’Espagne et le franquisme. 70 ans après le soulèvement franquiste qui opposa les forces nationalistes et républicaines dans une guerre civile sanglante, le juge Garzon étudie les plaintes déposées par les familles et associations, réclamant une enquête sur les oubliés de cette guerre. D’après les historiens, plus de 30.000 personnes ont été portées disparues lors de ce conflit suite à des exécutions sommaires, finissant ainsi dans des fosses communes, sans laisser aucune trace. Cette nouvelle enquête vient renforcer le devoir de mémoire que s’est imposé le gouvernement Zapatero, face aux 40 ans de dictature qu’a connus l’Espagne.
Mémoire de Guerre Fin 2007, après des affrontements droite - gauche, la loi sur "la mémoire historique" est adoptée par les députés espagnols. Visant à reconnaître les victimes du franquisme, elle prévoit le retrait des symboles de l’époque franquiste. Ainsi, la ville de Séville s’apprête à changer 40 noms de rue faisant référence à cette époque. Si de nombreuses statues de Franco et noms de rue portant son nom ont déjà été supprimés dans les villes d’Espagne, certaines municipalités, en "majorité" gouvernées par le PP, font la sourde oreille et traînent pour appliquer cette loi*. Toujours dans ce souci de "mémoire de guerre ", le ministère de la Culture espagnol a publié sur son site Internet 3051 photos prises pendant la guerre civile (1936- 1939). Les internautes ont la possibilité pour chaque cliché d’apporter une information : membre de sa famille, amis, voisins… Ceci pourrait aider l’Espagne à reconstruire ses mémoires de guerre. Rodolphe d’ARAGON. (www.lepetitjournal.com-madrid) jeudi 24 juillet 2008 *Lire article : El Pais
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