| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 23-07-2008 00:00
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En fuite depuis plus de 12 ans, Radovan Karadzic a été capturé lundi. L’ex chef des Serbes de Bosnie est inculpé par le tribunal pénal international de la Haye pour l’un des génocides les plus sanglants depuis la Seconde guerre mondiale Radovan Karadzic se présentait tout sourire au siège de l'ONU à New York, en 1993 (photo AFP)
Inculpé par le tribunal international de la Haye pour génocide pendant le conflit bosniaque, Radovan Karadzic va enfin répondre de ses crimes devant la justice. L’ancien leader politique des Serbes de Bosnie entre 1992 et 1996 a été capturé en Serbie, lundi, La fin de la traque annonce un grand pas pour la justice internationale, mais également pour l’intégration de la Serbie avec l’Union européenne (voir ci-dessous). A l’image d’un Hitler se rêvant à la tête d’un IIIème Reich aryen, Karadzic, 63 ans, souhaitait faire naître une grande Serbie, vidée de toutes les populations non serbes. Et comme le dictateur allemand avec la peinture, le psychiatre de formation, rejeté par l’intelligentsia de l’époque, n’avait jamais assouvi ses passions premières, la poésie lyrique et la médecine. Terreur sur les Balkans Originaire du village de Petnjica (Monténégro), Karadzic a quitté ses parents - une mère paysanne et un père cordonnier - pour rejoindre la fac de médecine de Sarajevo en 1964. C’est là qu’il a rencontré sa femme, Liljana, dont il a eu deux enfants : Sonia en 1967 et Alexandre en 1973. Marqué par le passé de résistant de son père face aux invasions ottomanes et adorateur des théories ultra-nationalistes du psychiatre Jovan Raskovic, il a fondé le Parti démocratique serbe en 1990. Après avoir évincé les communistes en s’associant aux partis nationalistes musulman et croate, Karadzic est devenu le président des Serbes de Bosnie, autoproclamés indépendants en 1992. Il n’a pas perdu de temps puisque le 5 avril débutait le siège de Sarajevo - 12.000 morts civils. La reconnaissance internationale de l’indépendance de la Bosnie-herzégovine n’a pas empêché les exactions des milices serbes contre les autres communautés, musulmanes et croates. Rien qu’à Srebrenica, ville protégée par l’ONU, 8.000 personnes ont été massacrées. Karadzic avait amassé énormément d’argent, ce qui lui a permis de vivre caché sous une fausse identité en Serbie. Il aurait aussi bénéficié de la passivité des Etats-Unis, de la France et de la Grande Bretagne, selon Florence Hartmann, ex-porte-parole du procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), Carla Del Ponte. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 23 juillet 2008 En savoir plus La Croix - Radovan Karadzic, l’idéologue serbe de la guerre de Bosnie Libération - Karadzic, poète raté mais vrai criminel de guerre L’Express - Fugitif ambigu, Radovan Karadzic aurait bénéficié de protections Une arrestation pour l’intégration dans l'UE Alors que la Serbie vient tout juste de former un gouvernement, cette arrestation renforce Belgrade dans sa politique de rapprochement avec l’Union européenne. La Serbie vise Bruxelles, mais le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie doit encore statuer sur l’efficacité de la coopération du pays balkan. En cas d’avis positif, un accord de stabilisation et d'association prendra effet, pour ouvrir la voie vers l’intégration à l’UE. Les Pays-Bas, la Finlande et la Suède ont salué cette avancée tout en rappelant le nombre encore important de criminels de guerre en fuite. Parmi eux il y a Ratko Mladic, l'ex chef militaire des Serbes de Bosnie, et Goran Hadzic, ancien leader des Serbes de Croatie. (LPJ - 23/07/08)
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