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INTERVIEW - Doru Tulus : "La DNA est constamment bombardée par les médias" |
| Ecrit par Jonas Mercier,
le 23-07-2008 00:00
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Doru Tulus est le procureur en chef de la section pour le combat contre les infractions associées à la corruption au sein de la Direction Nationale Anti-corruption (DNA). Il revient sur les difficultés que rencontre la DNA et les procureurs dans leur travail quotidien
Doru Tulus (photo Mario Dicu)
Lepetitjournal.com - Pensez-vous que la DNA pourrait faire plus dans la lutte anti-corruption ? Doru Tulus - On peut faire plus, mais seulement à condition que certains problèmes soient résolus. On connaît tout d’abord un manque de personnel, il n’y a pas assez de procureurs. On travaille parfois avec la moitié des effectifs normalement prévus. Si nous avions le nombre nécessaire de procureurs, on pourrait faire plus. Il y a aussi des problèmes extérieurs à la DNA, comme la nécessité d’obtenir des avis de la part d’autres institutions pour débuter des enquêtes. Je pense au parlement, par exemple.
Il s'agit donc d'un problème politique... Pas forcément, le lancement des enquêtes dépend surtout des décisions de la Cour constitutionnelle. Le problème, ce sont les décisions prises par la Cour constitutionnelle.
Quelles sont les plus grosses difficultés que rencontrent les procureurs anti-corruption ? L’exposition médiatique. On ne la retrouve dans aucun autre parquet. Et cela représente une difficulté. Celui qui contrôle un journal ou une télévision, ou bien quelqu’un de son entourage, un politicien ou un homme d’affaires, qui tombe sous le coup d’une enquête pénale donne deux grandes directives à la rédaction : il faut dire que cette enquête n’est pas professionnelle et prouver qu’elle est abusive. C’est ce message qui est transmis à la population. Il est permanent. On organise également des émissions sur ce thème avec des commentateurs payés pour ça. Ce message, qui est envoyé très fréquemment, a pour but de produire une perception négative du public vis-à-vis de notre institution. Et cela peut influencer le procureur en charge de l’enquête.
Les personnes recherchées sont souvent proches des dirigeants des trusts média ? Pas souvent, tout le temps. On a même des cas où il s’agit du patron d’un trust média en personne. Nous, procureurs, on ne peut pas faire de commentaires sur des dossiers en cours. La perception négative créée par les médias ne peut donc pas être contrecarrée.
Ce sont les pressions les plus fréquentes ? En parallèle à cette exposition médiatique, il y a également des dizaines de centaines de plaintes qui sont déposées contre les enquêteurs. Pour bloquer le procès. Tous ces bombardements extérieurs sont faits pour nous décourager ou tout simplement stopper l’enquête. C’est à chaque fois la même chose.
Pensez-vous que la justice roumaine est suffisamment mature pour lutter contre la corruption ? Je pense que oui. La justice roumaine est désormais prête à relever le défi de la lutte contre la corruption. La preuve, c'est ce que l’on fait tous les jours ici même. Propos recueillis par Jonas MERCIER. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mercredi 23 juillet 2008
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