Marta Gili, la directrice du centre d'art hexagonal le Jeu de Paume, est passée par Buenos Aires le mois dernier, le temps de participer à un débat organisé dans le cadre de la célèbre foire d'art Arteba
Marta Gili, la directrice du centre d'art hexagonal le Jeu de Paume, est passée par Buenos Aires le mois dernier, le temps de participer à un débat organisé dans le cadre de la célèbre foire d'art Arteba
Un public nombreux a rejoint l’auditorium d’arteBA, ce dimanche 1er juin : assis, debout, appuyé contre le mur, installé par terre pour les derniers arrivés. Un intérêt qui ravit Marta Gili, l’une des intervenantes. Première femme non française à diriger un important centre d’art hexagonal, le Jeu de Paume, elle a déclaré, en fin de débat : "Les gens participent, posent des questions pertinentes ; il y a un besoin du rapport à l’autre, à sa richesse. L’Argentine est un pays cultivé, on le voit partout, à arteBA, dans la rue, dans le taxi".
"Intérêt démesuré de l'Argentine pour l'Amérique du Nord" A la tribune, Rosa Olivares, responsable de la revue d’art contemporain espagnole Exit, attaque sans ménagement : "Cette table ronde est très typique d’arteBA : il n’y a aucun Nord-américain". Et de regretter "l’intérêt démesuré, en Argentine, pour le voisin du Nord" et "le dédain de ce dernier envers les pays du sud". Et en Europe ? "En Espagne, il existe un grand intérêt pour l’art contemporain latino-américain, répond Rosa Olivares, mais celui-ci reste assez mal connu". Volontiers provocateur, Osvaldo Sánchez, le directeur du musée d’art moderne de Mexico, regrette que "notre visibilité en Europe ou aux Etats-Unis soit considérée comme un paramètre d’efficacité des institutions muséales latino-américaines".
Le Jeu de Paume aux mains d'une artiste colombienne Sur ce sujet, Marti Gili s’efforce de tenir la balance égale. Ce qui l’intéresse, dit-elle, "c’est de travailler avec des artistes qui se trouvent dans des situations périphériques", éloignées des centres de pouvoir occidentaux. Mais la nationalité importe moins que le fond de l’œuvre. Ainsi, c’est à une commissaire indépendante colombienne, María Inés Rodriguez, qu’elle a confié, pour la saison 2008-09, l’animation des "espaces interstitiels" du Jeu de Paume (lieux de passage, croisements) : "Non parce qu’elle est Colombienne, mais parce que son travail me plaît". A l’instar du plasticien Léon Ferrari, dont elle a pu apprécier l’œuvre lors de son séjour portègne, ou du photographe Leandro Erlich, représentant de l’Argentine à la 49ème Biennale de Venise, en 2001, et qu’elle a invité à participer au Printemps de Septembre de Toulouse en 2003. Cette année, arteBA 2008 a attiré 120.000 visiteurs en cinq jours : "Davantage que la fréquentation annuelle d’un musée !", souligne Facundo Gómez Minujín, le président d’arteBA, présent dans la salle. C’est moins que la très populaire Arco (Foire internationale d’art contemporain), à Madrid (200.000 visiteurs durant la 27ème édition), mais trois fois plus que la 10ème Foire d'art moderne et contemporain de Paris (41.000 visiteurs). Barbara VIGNAUX. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mardi 22 juillet 2008 |