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Depuis mercredi, le clan Kirchner affronte une crise politique sans précédent. La loi sur les "retentions mobiles" n'a pas été approuvée par le Sénat: c'est le propre vice-président du gouvernement qui lui a donné le coup de grâce. Retour sur une semaine politique agitée et ses conséquences
Mardi Après un vote serré au parlement, la loi sur les rétentions mobiles (qui impliquerait une augmentation des taxes sur le soja de plus de 10%) doit être examinée le lendemain au Sénat. L’incertitude règne sur l’issue du vote : cinq sénateurs se déclarent, ce mardi, encore indécis. Les forces opposantes mesurent leur force dans deux impressionnantes manifestations. Les agriculteurs rassemblent plus de 200.000 personnes. Les gouvernement - avec en vedette principale Nestor Kirchner sans son épouse, un peu moins de 100.000. Même si les péronistes sont majoritaires au Sénat, rien ne leur garantit l’issue du vote.
Mercredi Les débats démarrent en fin de matinée pour se prolonger toute la nuit. Le suspense est à son comble quand, vers 21h, il semble clair que les votes favorables et défavorables vont être à égalité. Au total, onze partisans du clan Kirchner ont voté contre le projet. C’est alors au vice-président du gouvernement, Julio Cobos, élu avec Cristina Kirchner en octobre dernier, qui devra trancher. "Quand j’ai su que j’allais devoir le faire, j’ai pensé aïe, aïe, aïe" a déclaré à la presse celui qui, plusieurs semaines auparavant, avait déjà pris ses distances avec le clan Kirchner.
Jeudi Il est presque cinq heures du matin quand Julio Cobos doit finalement se prononcer. "Mon vote n’est pas positif" prononce difficilement le vice-président. L’homme a reçu des pressions toute la nuit : on lui a notamment suggéré de se retirer en faveur de son suppléant (favorable au projet des retentions) pour sauver la face. Cobos refuse. "L’histoire me jugera" conclut-il. Nestor Kirchner avale la nouvelle. Dans un accès de fureur ou de fatigue, il évoque la démission de sa femme, chose qui sera démentie dans la journée. L’après-midi, Cristina Kirchner inaugure l’aéroport de la province de Chaco. Elle prononce deux discours où elle ne fait qu’évoquer à demi-mots l’échec politique et le retournement de son vice-président en évoquant "la trahison". Les entités agricoles réclament de leur côté l’abrogation de la loi 125 relatives aux rétentions mobiles.
Vendredi Julio Cobos est rentré chez lui à Mendoza au terme d’un long trajet en voiture, régulièrement acclamé par des militants agricoles. La veille, il a été clair : "je ne démissionnerai pas." Dans l’après-midi, Alberto Fernandez, chef de cabinet de CK, annonce le retrait de la loi 125. Cristina Kirchner reçoit les législateurs ayant été favorables à la loi : "Ce n’est pas une défaite", assure-t-elle, "Le problème c’est que mon vice-président a voté contre moi". La société rurale, l’entité rurale la plus conservatrice, déclare la lutte terminée.
Samedi Eduardo Buzzi, chef de file de la fédération agricole argentine, veut poursuivre le combat. En effet, les avantages négociés, depuis mars, avantageant les petits producteurs été abrogés avec la loi. Un sondage réalisé par le cabinet Management & Fit révèle que l’image du vice-président Julio Cobos atteint 50% d’opinions favorables contre 28% d’opinions négatives. Cristina Kirchner obtient 20% de témoignages en faveur contre 72% de jugements négatifs. C.B. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) lundi 21 juillet 2008 |