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POLITIQUE - La visite d’Al-Assad à Paris provoque un tollé |
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lundi 21 juillet 2008 |
Le Président syrien Bashar Al-Assad était à Paris pour la première fois depuis la rupture des relations diplomatiques franco-syriennes en 2005. Il a été invité avec 40 autres dirigeants par le président Sarkozy pour le lancement de l'Union pour la Méditerranée le 13 juillet et pour assister au défilé de la fête nationale française le lendemain
Plus de quarantaine diplomatique pour la Syrie annonce Paris en invitant le président syrien pour le lancement de l’Union pour la Méditerranée (UPM). La France lui accorde même une légitimité internationale avec sa présence parmi le reste des dirigeants pendant le défilé du 14 juillet. Suite à l’assassinat de Rafic Al-Hariri, l’ancien Premier ministre libanais, l’ex-président français, Jacques Chirac avait coupé les ponts avec la Syrie, suspectée d'être à l'origine du drame. De même, on reprochait au président Syrien d’apporter un appui militaire au Hezbollah et au Hamas, et de maintenir une relation stratégique avec l’Iran. Novembre 2007. Le Caire. Nicolas Sarkozy annonçait que "la France n'aura plus de contacts avec la Syrie tant que cette dernière ne démontrera pas qu'elle est prête à laisser le Liban élire un président de consensus". Photo : Bibliographie de Bashar Al-AssadUne nouvelle page ? C'est chose faite et c'est un succès sur un premier plan. Surtout pour la France qui espère jouer un rôle de médiateur au Proche-Orient et qui se contente de peu pour le moment en distribuant des récompenses à tous. En mai 2008, Tel-Aviv et Damas annonçaient l’ouverture de négociations indirectes sous l’égide du Premier ministre turc. Pourquoi ce changement de position syrienne ? "La guerre du Liban de 2006 a appris à tout le monde que l’on ne peut pas résoudre un problème par la guerre", a affirmé Al-Assad dans une interview donnée à Alain Gresh sur son blog Nouvelles d’Orient. Juillet 2008. Paris. Selon le changement de position du président syrien, qui fait tout pour améliorer son image auprès de la communauté internationale, des étapes seront concrétisées bientôt. Déjà, la Syrie et le Liban vont ouvrir des ambassades dans leurs capitales respectives. Et Nicolas Sarkozy se rendra à son tour en Syrie avant mi-septembre 2008.
Réactions Organisée par Reporters sans Frontières, une manifestation a précédé le défilé du 14 juillet. Le but était de dénoncer la présence de Bachar al-Assad à la tribune présidentielle. Abdun Raouf Darwich, opposant syrien, a affirmé à AFP : "Depuis 40 ans en Syrie : pas de justice. Il suffit de regarder la corruption et les gens qui tiennent l’économie en Syrie. Je ne comprends pas quel message on adresse aux populations du monde avec une telle invitation". Ils n’étaient pas les seuls à réagir de la sorte. La visite du président syrien a soulevé les polémiques partout dans le monde, la présence "d’un dictateur au sein d’un pays qui prétend lutter pour les droits de l’Homme" inquiète. Le quotidien Libération a publié à ce sujet un article intéressant le 12 juillet titré : "Les dictateurs au sommet", allusion aux présidents égyptien, tunisien et syrien. Nora DARDIR. (www.lepetitjournal.com - Le Caire-Alexandrie) lundi 21 juillet 2008 |