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CRISE - Preah Vihear, le temple de la discorde Version imprimable Suggérer par mail

Ecrit par Alexandre Bellity, le 21-07-2008 00:00

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bUn face à face tendu entre soldats thaïs et khmers, on n’avait pas vu cela depuis plus d’une décennie. A l’origine de cette crise, la décision de l’Unesco d’inscrire le site de Preah Vihear au patrimoine mondial de l’humanité. Sur place, la tension est croissante en attendant le sommet entre Hun Sen et Samak Sundaravej, les deux premiers ministres

(Crédit: ASEAN VIEW REPORT)

L’inscription du site de Preah Vihear au patrimoine mondial décidée au début du mois est assurément une pilule difficile à avaler pour la Thaïlande qui, malgré une décision rendue en faveur du Cambodge par la cour de justice internationale en 1962, continue de lorgner sur ce morceau de terre. Ce n’est pas tant pour ces 4.6 Kms que militaires thaïs et khmers se regardent dans le blanc des yeux depuis le 16 juillet. Mais pour le site de Preah Vihear, datant du 11ème siècle, qui abrite plusieurs temples bouddhistes, religion ultra majoritaire dans chacun des Etats.
Ajoutez à cela les retombés économiques espérées après l’inscription du site au patrimoine mondial de l’Unesco, avec l’ambition de faire de Preah Vihear un deuxième Angkor, et une histoire récente pas franchement rose entre les deux pays, vous obtenez un cocktail qui est en train de plonger les deux voisins asiatiques dans une guerre froide.
C’est l’arrestation de trois Thaïlandais, mercredi, par les militaires cambodgiens qui a véritablement mis le feu aux poudres. Ils avaient illégalement franchi la frontière. Leur action a déclenché les premiers mouvements de troupes. En réaction, la Thaïlande a envoyé une quarantaine de militaires côté khmer. Pas d’effusion de sang, mais une tension croissante depuis lors. Et des renforts des deux côtés. Ce sont maintenant 1000 militaires et gendarmes cambodgiens contre 500 soldats thaïs. Les 900 habitants de Preah Vihear ont été contraints, pour beaucoup, de quitter leurs domiciles.

L'ONU informée, l’ASEAN inquiète
Néanmoins, la diplomatie fonctionne à plein régime. Côté thaï le Premier ministre Samak Sundaravej s’est plaint des " protestataires (anti-gouvernement) qui cherchent à déclencher un conflit ". Une centaine d’entres eux ont d’ailleurs été bloqués par des villageois thaïlandais alors qu’ils s’apprêtaient à entrer au Cambodge, risquant d’aggraver encore un peu plus la situation. Une volonté d’apaisement officielle contredite par les importants mouvements de troupes côté thaïlandais de la frontière. Hun Sen, de son côté, semble bénéficier d'un réel soutien populaire sur ce dossier, une position confortable à l'approche du vote de dimanche prochain. Organisant une tournée des diplomates et délégations militaires sur site, le gouvernement cambodgien tente de calmer la situation sur place tout en obtenant un soutien international. C'est ainsi que le ministère des affaires étrangères cambodgien a choisi d'avertir officiellement le Conseil de Sécurité Onusien, ainsi que l'assemblée générale, de "l'intrusion militaire thaïlandaise". Une décision qui a semble t-il passablement irrité les autorités de Bangkok, alors que l’ASEAN, actuellement présidé par la Thaïlande, a fait part de ses inquiétudes sur le dossier. En attendant, les deux premiers ministres doivent se rencontrer aujourd’hui afin de trouver une issue à la crise.

Alexandre BELLITY. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) lundi 21 juillet 2008



Vos réactions (7)
Posté par Alex, le 21-07-2008 00:50
Certains Thais supportent la position Kh
Certains Thais supportent la position Khmere. Pour preuve l'article que j'ai traduit 
 
La crise politique de Thaïlande  
 
Giles Ji Ungpakorn  
 
Traduit de l'anglais par Alex dit Lek Issan  
 
Un Carnaval de réaction paralyse le processus politique Thaïlandais  
 
Le terme "Carnaval de réaction" fut utilisé la première fois par le marxiste Irlandais James Connolly lorsqu'il se referait à la défaite de la politique socialiste en Irlande et à la montée des catholicismes et protestantismes réactionnaires de chaque coté de la ligne de partition.  
 
La crise politique en Thaïlande après le coup d'état de septembre 2006 et les élections de décembre 2007 est aussi en train de devenir un carnaval de réaction. D'un coté nous observons la transformation du Thai Rak Thai, un parti capitaliste moderne avec une politique pro pauvres mais un bilan épouvantable en matière de droit de l'homme, en le Parti du Pouvoir du Peuple, dirigé par le premier ministre d'ultra droite Samak Suntarawej. Le personnel de son cabinet est composé de gangsters et de politiciens véreux.  
 
De l'autre coté, nous pouvons voir la soi-disant Alliance du Peuple pour la Démocratie (P.A.D.) qui organisa de grandes manifestations en 2005 et 2006 pour chasser le premier ministre Thaksin Shinawatra. Le mouvement démarra d'une coalition entre les leaders du Mouvement Populaire et le royaliste de droite Sondhi Limtongkul.  
 
Ce mouvement n'a jamais été particulièrement progressiste dans ses revendication, mais il a maintenant dégénéré en organisation proto-fasciste. Au début, en 2006, ils ont appelés le roi à chasser Thaksin et à nommer un nouveau premier ministre. Puis ils supportèrent et firent bon accueil au coup d'état militaire. Ils soutenaient l'idée de sénateurs nommés plutôt qu'élus pour la chambre haute. Ils firent marche arrière et supportèrent la constitution militaire anti-démocratique.  
 
Maintenant ils évoquent le slogan d'ultra droite "Nation, Religion et Roi" tandis qu'ils chantent des chansons fascistes et nationalistes des années 1970. A la fin du mois de juin ils déclenchèrent une querelle pour essayer de précipiter un nationalisme brut à propos du temple Khmer Preah Vihear. Ce temple perché au sommet d'une colline a été construit par les Khmers (Cambodgiens) à l'époque d'Angkor. Il est maintenant situé à la frontière actuelle entre la Thaïlande et le Cambodge.  
 
Durant les années 1960, ce site fut revendiqué par le régime militaire Thaïlandais, mais la Cour Internationale s'est prononcée contre le gouvernement Thaï. Le ridicule tapage actuel est survenu parce que les gouvernements Cambodgiens et Thaïs voulaient le designer comme site d'héritage mondial. Le P.A.D. hurla que c'était une "perte de souveraineté Thaïe". Cette accusation idiote n'a aucun fondement. Le temple a clairement été construit par les Khmers, pas par les Thaïs qui étaient sous-développés à cette époque. Le site a fait officiellement parti du territoire Cambodgien depuis 45 ans. Néanmoins, les chauvinistes nationaux ne se soucient pas de ce simple fait.  
 
La raison pour laquelle le P.A.D. ressent le besoin d'utiliser une politique nationaliste démagogique est qu'ils ont essayés tous les moyens pour se débarrasser du parti de Thaksin, le Thai Rak Thai, qui s'est transformé après le coup d'état en Parti du Pouvoir du Peuple. Des manifestations répétées, un coup d'état, une dissolution du Thai Rak Thai par une cour de justice sous influence et une constitution militaire ont tous échoués à entailler le support électoral du parti. C'est pourquoi le P.A.D. a maintenant suggéré que les élections parlementaires soient mise au rebut pour 70 pour cent des députés. Les pauvres évidemment "ne sont pas digne de confiance en ce qui concerne les votes".  
 
L'opposition du parti démocrate sous le double leadership de jeunes diplômés d'Oxford, Abhisit Vejajiva et Korn Chatikavanij favorise aussi des moyens autoritaires. Leur politique neo-libérale extrême n'est pas populaire chez les pauvres qui sont la majorité de la population. Ils ont soutenus le coup d'état de 2006 et le P.A.D. et veulent, à travers internet, censurer les nouveaux sites web comme Prachatai. Récemment, ils ont passés beaucoup de temps, lors des débats parlementaires, à attaquer le gouvernement sur "la vente de la souveraineté Thaïe" au delà de la rivière qui longe le Preah Vihear. L'adoption d'un chauvinisme infantile vient du fait qu'ils n'ont rien de substantiel à dire.  
 
Les principaux courants de la presse de langue Anglaise et de langue Thaïe ne sont pas mieux. Le Bangkok Post et le Nation prennent actuellement sérieusement l'issue de Preah Vihear sans se poser de questions. Dans ce carnaval de réaction, les facultés intellectuelles ont été chirurgicalement enlevés du cerveau de certaines personnes.  
 
Comment avons nous pu en arriver là ? Une raison importante est le manque d'indépendance parmi les organisations populaires, les réseaux d'O.N.G., et les mouvements sociaux. Ce manque d'indépendance politique provient d'un refus de s'occuper sérieusement de théories politiques et de former des partis.  
 
La concentration sur des issues simples et des lobbys politiques signifie que les mouvements populaires ont cherchés un chevalier blanc après l'autre, plutôt que de construire un parti de la gauche.  
 
En 2006, avant le coup d'état, nous, à l'intérieur du Parti de la Coalition Populaire (et un journal orienté à gauche), fumes constamment frustrés par les grandes manifestations organisées par le P.A.D. Pendant des années nous nous sommes opposés au gouvernement Thaksin sur la question des flagrants abus des droits de l'homme et sur les privatisations. Cependant les revendications du P.A.D. étaient absolument réactionnaires. Nous ne pouvions les rejoindre, toutefois nous étions beaucoup trop petits pour influencer les milliers de gens qui le firent. Quand l'armée fit un coup d'état en septembre de cette année là, nous priment immédiatement et publiquement position contre.  
 
Depuis lors, nous avons essayés de travailler avec beaucoup de gens du Mouvement Populaire dans l'opposition des mesures autoritaires. Nous avons aussi joués un rôle significatif dans la dénonciation de la dérive d'extrême droite du P.A.D. donc aujourd'hui, beaucoup de mouvement sociaux et de réseaux se sont déclarés eux même contre un nouveau coup d'état et se sont détaches du P.A.D. Nous nous occupons de prendre une position indépendante de toute classe sociale, qui rejette le P.A.D. et le gouvernement. En espérant que nous puissions contribuer à arrêter ce carnaval de réaction.  
 
Giles Ji Ungpakorn est politologue à l’université Chulalongkorn. C'est le fils de Puey Ungpakorn, ancien résistant anti-Japonais du mouvement free thai durant la seconde guerre mondiale avant d'être recteur de l'Université Thammasat durant les années 1970. Il dut s'exiler en Grande Bretagne à la suite du massacre du 6 octobre.  
 
http://rspas.anu.edu.au
 
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Posté par Geo, le 21-07-2008 05:18
Quelques détails
Le temple n'est pas Bouddhiste mais Hinduiste. Il a été construit avant que le Bouddhisme ne devienne la religion des rois Khmers. 
Preah Vihear ne deviendra jamais un deuxième Angkor car il n'y a qu'un site et qui n'est pas en si bon état. Par ailleurs, il n'y a aucune infrastructure hôtelière alentour, même pas de village. 
Pour l'instant c'est bien le terrain de 4.6 km2 que les deux pays se disputent et pas le temple. Pour l'instant car certains nationalistes thaïs pourraient profiter de la situation volatile pour réclamer le temple. 
Le gvt Samak est en faveur d'un apaisement des esprits mais c'est sans compter sur l'opposition non-parlementaire (PAD)qui ne cesse de mettre de l'huile sur le feu (cf. les trois personnes qui ont franchi les barbelés pour narguer les voisins), ni sur l'armée thaïe qui a sans doute besoin de ce genre de confrontation pour justifier ses énormes budgets ou le possible prochain coup d'état.
 
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Posté par Khemara, le 21-07-2008 05:24
Précisions!
Les revendications du gouvernement thaï ne portent que sur les seuls 4,6 km2 (en gros l'entrée des temples), du moins officiellement, l'opposition elle en revanche revendique ouvertement le site de Preah Vihear comme thaïlandais. Si le site de Preah Vihear est de fondation hindouiste, comme la plupart des sanctuaires de l'époque, il sert désormais aux cérémonies bouddhistes, et de toute façon l'héritage hindouiste est revendiqué tant du coté thaï que cambodgien. Quant à devenir un 2e Angkor Wat, probablement pas en terme quantitatif mais néanmoins le potentiel de ce temple est énorme surtout lorsque l'on connait les projets de développement autoroutier à l'échelle de la région!
 
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Posté par PECH, le 21-07-2008 06:09
Intérêt Natioonal d'abord
Face à cette crise tous les partis en liste devront se rencontrer pour fixer retrouver l'Unité Nationale. L'initiative devra venir du parti au pouvoir. 
Cette pratique est courament utilisée dans les autres pays à cahque fois que l'Interêt National est en jeu
 
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Posté par François Beaulne, le 21-07-2008 06:15
Des Thais raisonnables
Il est rassurant et réconfortant de constater qu'il existe bon nombre de citoyens et intellectuels Thais qui ne se laissent pas prendre au piège de la surenchère d'extrémistes de droite et d'éléments de l'armée qui ne cherchent qu'à créer artificiellement une crise avec un site historique dont la propriété a été reconnue au Cambodge depuis longtemps. 
Il y a également quelque chose de mesquin dans cette agression gratuite de la Thailande, un des pays les plus prospères de la région, à l'endroit du Cambodge, un pays beaucoup plus pauvre, qui mise en grande partie sur l'attrait de son patrimoine culturel pour extirper sa population de la pauvreté. Comme quoi l'égoisme national obtus prime encore sur les grandes déclarations creuses de solidarité régionale à l'intérieur de l'ASEAN.
 
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Posté par Geo, le 21-07-2008 06:34
Désunion en Thailande
Pech, vous parlez sans doute du Cambodge. 
En effet, en Thaïlande, c'est la désunion qui fait la force! S'il y avait union derrière le parti au pouvoir, il n'y aurait pas crise avec le voisin. C'est l'imbroglio politique à Bangkok où chacun tire à hue et à dia et doit se montrer plus patriote que le voisin qui est dangereuse et partant, pousse les militaires à agir de manière potentiellement violente et, peut-être incontrôlée. 
 
François, vous avez raison, 99% de la population thaïlandaise est raisonnable (j'habite à Bangkok) mais la surenchère dont vous parlez est dangereuse dans ce sens que les raisonnables vont bientôt se faire traiter de traitre à la nation et aussi car de plus de plus de gens commencent à se dire que, finalement, pourquoi ne pas réclamer le temple.  
Le mot "mesquinerie" que vous employez ne doit pas s'entendre en terme de gains pécuniaires car un temple au Cambodge et en paix rapporterait bien plus à la Thaïlande que le même fermé pour cause de conflit.
 
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Posté par Kenny, le 26-07-2008 08:23
Preah Vihear appartient au Cambodge!!!!
Pour moi la Thailande est un pays arrogant.Il meprise tous pays limitrophes.En 1000 ans, il grignoter une partie du Laos,de la Birminie et du Cambodge.C'est un pays qui se moque completement de l'UNESCO en voulant s'approprié le Temple de Preah Vihear.En plus de ça,la Thailande a aussi dit que le temple d'Angkor leur appartenait. De qui se moque t'il???!!!
 
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