| Ecrit par Frédéric Guitton,
le 18-07-2008 00:00
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Après l’incident de la centrale de Tricastin et la découverte de 4 sites radioactifs, Jean-Louis Borloo a exigé hier une analyse de toutes les nappes phréatiques proches de sites nucléaires. Mais l’impact des rejets radioactifs sur la santé reste encore flou Faut-il avoir peur des centrales nucléaires ? Après la fuite de 240 kg d’uranium de la centrale de Tricastin (Vaucluse) mardi 8 juillet (voir notre édition), la question est sur toutes les lèvres. Car en analysant les nappes phréatiques à proximité de la centrale, les scientifiques ont découvert 4 sites contaminés, peut-être dus à des déchets radioactifs enfouis sous terre depuis plusieurs années. Et les mesures de précaution aussitôt imposées par les Préfectures de la Drôme et du Vaucluse ont de quoi alimenter la psychose : interdiction de consommer et d’utiliser de l'eau issue de captages privés à proximité du site de Tricastin, mais également interdiction d’arroser les jardins ou de remplir les piscines avec cette eau, prohibition de la pêche, de la consommation de poissons, de la baignade ou encore de toute activité nautique… Pour tenter de rassurer la population, le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo a décidé de jouer la transparence en exigeant un audit interne de la centrale de Tricastin, accompagné d’une analyse de toutes les nappes phréatiques à proximité de sites nucléaires. Mais alors que les autorités sont conscientes depuis longtemps de la dangerosité des rejets nucléaires, il y a de quoi se demander pourquoi de telles analyses préventives n’étaient pas en vigueur auparavant.
L’affaire portée devant les tribunaux Aujourd’hui, les kilogrammes d’uranium échappés de Tricastin se seraient miraculeusement dissipés dans la nature. Dans un communiqué, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a affirmé hier que "l’impact du rejet accidentel sur l’environnement a été faible, et en conséquence n’a pas d’impact sanitaire". En dix jours, le taux d’uranium présent dans les nappes alentours serait passé de 90 à trois ou quatre microgrammes par litre, soit en dessous du maximum autorisé par l’Organisation mondiale de la santé. Mais pour Jean-Louis Borloo, "une pollution dont l'origine provient d'une centrale nucléaire ne peut pas être traitée comme n'importe quelle autre". Mercredi, l’Autorité de sûreté nucléaire a saisi le parquet de Carpentras pour "pollution par rejet en eau douce et déversement en eaux souterraines avec mise en danger d'autrui". Cette affaire ne devrait toutefois pas freiner le développement du nucléaire en France. Lors de l’annonce du lancement du 2ème réacteur nucléaire EPR au début du mois, Nicolas Sarkozy avait soutenu que "le nucléaire est plus que jamais une industrie d'avenir et une énergie indispensable". Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) vendredi 18 juillet 2008 En savoir plus : Europe 1 - De l’uranium dans les nappes phréatiques près du Tricastin Le Parisien - Jean-Louis Borloo : "Il faut vérifier les nappes phréatiques près de toutes les centrales" Dauphiné Libéré - Tricastin : des zones d’ombre demeurent
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