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Un groupe inconnu assurant représenter des insurgés du Sud du pays est apparu hier sur plusieurs chaînes de télévision thaïlandaises. Il a annoncé une trêve unilatérale qui aurait pris effet le 14 juillet. Le dirigeant d’un chef d’un parti de la coalition gouvernementale assure avoir conclu un accord, mais les analystes sont perplexes La vidéo a été diffusée hier à midi par trois chaînes de télévision thaïlandaises. Elle montre trois hommes, s’exprimant dans un dialecte malais, qui se présentent comme des membres du Thailands’ United Southern Underground Group, inconnu jusqu’ici. Leurs noms ne sont pas cités. Leur porte-parole annonce que depuis le 14 juillet, "tous les militants et les unités politiques de notre groupe soutiennent l’avènement de la paix en Thaïlande. Les attaques sous toutes leurs formes ont cessé". Il affirme représenter onze groupes, dont le PULO et le RKK, déjà connus. Le général Chetta Thanacharo, ancien ministre de la Défense, et chef du Ruam Chai Thai Chart Pattana, membre de la coalition au pouvoir, avait quelques heures auparavant affirmé sur la même chaîne télévisée qu’il était parvenu à un accord avec ce groupe. Des accords méconnus avec des séparatistes inconnus Néanmoins, le chef de l’armée, le général Anupong Paochinda a répliqué qu’il n’était pas au courant de cette initiative et qu’il "n’y [avait] pas de négociations avec les séparatistes". L’officier a par ailleurs identifié le porte-parole du groupe comme étant Mali Peng Khan, un militant inactif depuis 1977… Les experts restent très circonspects. "Cette annonce est intéressante mais elle n’est pas logique", souligne Panitan Wattanayagorn, politologue à l’université de Chulalongkorn, spécialiste de la question. "Tout cela est très inhabituel, nous a-t-il confié. Le fait que ces hommes aient réussi à occuper les ondes montre qu’ils doivent avoir des connexions à un haut niveau. Il y a peut-être des négociations en coulisses. La cassette a peut-être été enregistrée en Europe. La préparation de l’opération a dû prendre plusieurs semaines", conclut l'analyste. Les violences continuent Certains médias thaïlandais spéculent d’ores et déjà sur le fait que le gouvernement pourrait être à l’origine de l’annonce. "Il est possible que le gouvernement veuille détourner l’attention de ses problèmes actuels", suggère Panitan Wattanayagorn. Quoi qu’il en soit, la violence ne s’est pas arrêtée le 14 juillet. Mercredi, des bombes ont explosé devant des commissariats à Yala et à Pattani, blessant sept personnes. Et quelques heures après la diffusion de la vidéo hier, un soldat a été tué par des insurgés. Mardi, le gouvernement avait par ailleurs prolongé de trois mois l’état d’urgence dans la région. Une semaine plus tôt, les Etats-Unis avaient qualifié la situation de "très inquiétante", tout en précisant ne pas vouloir intervenir pour le moment. Depuis janvier 2004, les violences ont fait plus de 3.300 morts dans les provinces de Yala, Pattani et Narathiwat. Emmanuelle MICHEL. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) vendredi 18 juillet 2008 |