| Ecrit par Sénat.fr,
le 23-07-2008 01:00
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A l'origine d'un projet de loi pour la création d'un fonds de solidarité pour les Français établis à l'étrangers, la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam se bat également pour que les expatriés soient représentés par des députés - Une interview en partenariat avec www.expatries.senat.fr En plus de ses combats pour les expatriés, la sénatrice UMP Joëlle Garriaud-Maylam souhaite rendre hommage à Marthe Simard, première femme parlementaire française (photo Sénat)Vous avez déposé une proposition de loi tendant à la création d'un fonds de solidarité pour les Français établis à l'étranger victimes de catastrophes naturelles ou de crises politiques graves. Comment expliquez-vous qu'un sujet aussi important n'ait pas encore trouvé de solution ? L'instauration d'un système d'indemnisation des Français de l'étranger spoliés à l'étranger est en effet une préoccupation et un souhait des Français de l'étranger depuis des décennies. Mais, malgré des tentatives réitérées, aucune société d'assurance n'a souhaité lancer un tel produit sur le marché, et ceci en dépit de l'augmentation régulière du nombre de Français expatriés. Beaucoup de Français rapatriés à la suite d'événements graves, comme ceux de Côte d'Ivoire par exemple se sont trouvés dans des situations de dénuement difficilement acceptables. La France ayant toujours été le pays portant le poids financier essentiel de l'évacuation des ressortissants européens, j'aurais trouvé normal qu'un fonds de solidarité soit créé à l'échelle européenne pour tous les ressortissants européens résidant hors des frontières de l'Union, et que cette idée soit portée par la France. J'ai donc proposé cette idée, dès 2004 au ministre des Affaires étrangères, puis à ses successeurs, mais rien n'a hélas bougé à ce sujet. [...]Soutenez-vous la création de députés pour représenter les Français établis hors de France ? * J'y suis d'autant plus favorable que je crois avoir été la première, ces vingt dernières années, à relancer le débat en plaidant officiellement en faveur de cette création. Mais l'idée avait été abandonnée du fait des difficultés potentielles, constitutionnelles, diplomatiques et pratiques d'une telle innovation. On craignait en particulier des demandes de réciprocité, des problèmes liés à la double nationalité et à la difficile mise en place d'un vote par correspondance dans des pays souverains et des contrées lointaines. La création des députés représentant les Français de l'étranger est dans l'intérêt général, pas dans mon intérêt personnel. Dans la logique institutionnelle, cela devrait en effet entraîner une réduction du nombre de sénateurs. [...] Vous avez récemment redécouvert Marthe Simard, une Française du Canada qui a été la première femme parlementaire de France. Pourquoi et comment vous êtes-vous intéressée à elle ? C'est en faisant des recherches sur l'histoire de la représentation parlementaire française à l'étranger que j'ai découvert que les organisations de Résistance de l'étranger avaient cinq représentants à l'Assemblée consultative provisoire créée par le Général de Gaulle en 1943. J'ai découvert qu'il y avait parmi eux une femme Marthe Simard, la première et la seule femme à siéger à cette Assemblée du parlement français en exil. Mais, alors que Lucie Aubrac, qui avait elle aussi été nommée à cette Assemblée mais n'y avait pas siégé est extrêmement connue, Marthe Simard était totalement inconnue. Bertrand Delanoë à qui j'avais écrit pour demander qu'une rue de Paris porte son nom vient de m'annoncer la bonne nouvelle : il y aura une rue Marthe Simard ! Je souhaiterais aussi -mais ne sais si j'obtiendrai gain de cause- qu'une statue soit érigée en son honneur et qu'on lance à cet effet un concours auprès de femmes sculpteurs. [...] Propos recueillis par www.expatries.senat.fr (www.lepetitjournal.com) mercredi 23 juillet 2008 Lire l'interview complète de Joëlle Garriaud-Maylam sur le site du Sénat. *L'interview a été réalisée avant le vote de la réforme des institutions lundi. Cette réforme a établi une représentation à l'Assemblée nationale pour les Français établis à l'étranger.
- Une précision de Richard Yung (PS) "Je suis heureux d'apprendre que Joëlle Garriaud-Maylam aussi est favorable à la création de députés représentant les Français établis hors de France. Cependant, quand elle précise qu'elle croit "avoir été la première, ces vingt dernières années, à relancer le débat en plaidant officiellement en faveur de cette création", je voudrais rappeler qu'en ce qui me concerne l'élection de députés des Français établis hors de France est un projet qui me tient à cœur depuis quinze ans déjà. J'avais été notamment à l'origine, avec la Fédération socialiste des Français de l'étranger (FFE), dont j'étais le Premier secrétaire, de son inscription dans le projet présidentiel de Lionel Jospin dès 1995. J'avais rappelé ce souhait dans une intervention devant le Conseil national du Parti socialiste des 29 et 30 juin 2001, et Lionel Jospin avait de nouveau repris la proposition d'élire des députés représentant les Français de l'étranger lors de l'élection présidentielle de 2002, puis Ségolène Royale avait fait de même en 2007. Pour conclure, je rappelle qu'avec ma collègue Monique Cerisier-Ben Guiga, j'ai déposé au Sénat le 14 novembre 2005 deux propositions de loi relatives à l'élection de députés par les Français établis hors de France." Richard Yung, sénateur représentant les Français établis hors de France
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