| Ecrit par Céline Danckert,
le 24-07-2008 00:00
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Samedi soir à Hambourg. Dans le quartier de Saint-Georges, la Lange Reihe s’est assoupie. Du bistrot Zum alten Ritter s’échappent encore des rires et de la fumée. Il se fait tard et, après quelques verres bus au rythme des morceaux choisis sur le juke-box, nous décidons de rentrer chez nous. C'est sans compter la résistance de quelque chauffeur de taxi "local". Une chronique de Céline Danckert
Le jour commence timidement à prendre le pas sur la nuit et nous nous engouffrons dans le premier taxi venu. Assis l’un à côté de l’autre, nous échangeons un sourire. Je prends la main de mon époux et le taxi démarre. Il se tourne vers moi et pose quelques secondes ses lèvres sur les miennes. C’est à ce moment que le conducteur intervient : "Je préfère vous prévenir, je n’aime pas qu’on fasse des câlins dans ma voiture. Vous pouvez vous tenir éloignés l’un de l’autre ou vous descendez." Interloqués, nous sortons immédiatement du véhicule. Un second taxi stationne à deux pas. Mais, à peine avons-nous esquissé le geste d’ouvrir la portière que son conducteur, qui vient de s’entretenir avec notre moraliste par-dessus le toit de son automobile, nous signifie qu’il refuse de nous prendre. Un troisième taxi nous jauge derrière ses vitres fermées et accepte que nous montions, à condition que nous nous asseyons séparément : l’un sur la banquette arrière, l’autre à ses côtés. Un taxi nommé intégrisme Ulcérés, nous fuyons ces lieux où un chaste baiser a attiré sur nous la foudre de tous les conducteurs de taxis réunis. Serait-il impossible de s’embrasser à Hambourg, ville portuaire à la réputation ô combien sulfureuse ? De l’autre côté de la gare, un véhicule beige nous accueille sans proférer de menaces et nous roulons bientôt dans la direction souhaitée. Apprenant nos récentes mésaventures, le chauffeur, affublé d’un bec de lièvre qui rend son élocution difficilement compréhensible, s’indigne et nous informe que de ce côté de la Hauptbahnhof ne circulent que des Afghans. Afghans ou pas, la nationalité importe peu, mais au regard de cette étrange confrontation, l’intégration en Allemagne a encore un long chemin à parcourir. Céline DANCKERT. (www.lepetitjournal.com - Hambourg) mercredi 23 juillet 2008
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