Il y a cent ans naissait un des plus grands chefs d'orchestre du XXe, un mythe fort controversé, adulé par les uns, agaçant les autres. Herbert von Karajan aura suscité beaucoup de commentaires sans compter naturellement ceux qu'engendrèrent ses débuts dans l'Allemagne du IIIe Reich, sujets de nombreuses interrogations et réprobations !
L'académicien Pierre-Jean Rémy dont on connaît bien le goût prononcé qu'il a pour la musique et en particulier pour l'opéra, lui a consacré une fort intéressante biographie, parue ces derniers mois et qui ne laisse plus ignorer grand-chose du chef prestigieux. C'est d'ailleurs grâce à une déclinaison du terme chef que nous cheminons à travers cette vie hors du commun. L'enfance d'un chef, un jeune chef, un chef en déroute, un très grand chef, le premier chef du monde, le chef en son royaume, le chef blessé. Sept parties aux titres parfaitement explicites qui rendent compte par le menu des différentes étape de cette existence qui commence à Salzbourg le 5 avril 1908 et s'y terminera le 16 juillet 1989. A l'intérieur de chacune d'entre elles, quelques chapitres qui nous permettent de mieux connaître cet être exigeant, passionné, polyglotte, quelque peu mystérieux, qui n'était pas que l'homme des bolides, des jets privés ou des yachts luxueux mais aussi un grand travailleur, révélateur de divers talents dans des disciplines variées, un musicien féru de progrès techniques en particulier pour le CD, fruit d'une longue amitié avec Akio Morita, président de Sony.
Une vie pour la musique Né dans une famille mélomane de lointaine origine macédonienne, les Karajoannes, il fait ses premières armes à Ulm comme jeune chef en 1929, puis est directeur musical à Aix-la-Chapelle en 1935, on conviendra que ce ne devait pas être facile dans ces années-là d'afficher une totale indépendance. L'immédiat après-guerre ne l'est pas davantage, mais sa rencontre avec Walter Legge est miraculeuse, c'est aussi à la ville l'époux d'Elisabeth Schwarzkopf qui, elle non plus, ne sera pas épargnée quand il s'agira d'aller rechercher dans le passé des artistes qui ont eu le malheur de travailler dans les années de guerre ! En 1948 il est chef permanent du Philharmonia Orchestra de Londres mais l'envol de Karajan date vraiment de la mort de Furtwängler en 1954, son grand rival qui jusque lui avait barré la route ! Puis, c'est le Berliner Philharmoniker en 1955, son mariage en1958, le troisième pour lui, avec Eliette Mouret, mannequin français. Ils auront deux filles qui ont des carrières artistiques bien éloignées de celle de leur père ! Ensuite la création du Festival de Pâques à Salzbourg en 1967 où il règne en maître. Sa vie musicale s'organise autour de Londres, Berlin, Paris, Vienne, Milan, Salzbourg qu'il illumine. Il aura touché tous les genres, musique symphonique, lyrique, sacrée, contemporaine et peu de compositeurs lui auront échappé.
Malgré quelques approximations, des fautes d'orthographe ou de syntaxe, c'est un ouvrage à recommander. La lecture en est aisée et il fourmille d'anecdotes sur le grand homme. Profitez donc de vos vacances pour vous plonger dan ce livre de 473 pages que vous n'abandonnerez qu'au dernier mot.
Colette DEHALLE. www.lepetitjournal.com - Monaco Infos: Karajan, la biographie" de Pierre-Jean Rémy de l'Académie française Editions Odile Jacob
Posté par Francesco SInibaldi, le 21-07-2008 12:50
Per te.
Come un dolce chiarore che nasce silente al fiorir dei castani odo l'eterno, l'amabile quiete di una mesta canzone ed ancora quel sole, nel fresco ritorno di una nuova poesia.