| Ecrit par Adeline Bourg,
le 15-07-2008 01:00
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Alors que l’on attendait des réactions, la Grande muette, fidèle à elle-même, a choisi le silence lors du traditionnel défilé. Pourtant, la situation s’envenime entre l’armée française et son chef constitutionnel, Nicolas Sarkozy. Il faut dire que depuis quelques mois, les événements malheureux se sont multipliés Fait inédit : ce sont les casques bleus, soldats de l'ONU qui ont ouvert le défilé (photo AFP)
Entre l’armée française et son chef constitutionnel, le torchon brûle. Mais, hier le défilé annuel du 14 juillet qui rassemblait 4.000 soldats, 65 avions et une trentaine d’hélicoptères n’a pas connu d’incident. Les militaires, malgré la colère de ces derniers mois, sont en effet restés sur leur réserve. Nicolas Sarkozy a expliqué sur France 2 qu’il était "très fier de l’armée française" car le défilé était très réussi. "Les soldats français ne sont pas du genre à avoir du vague à l’âme" a-t-il assuré sur TF1 hier. Rien n’est moins sûr. Car si les soldats ont choisi de ne rien dire lors du défilé, ils n’en restent pas moins agacés de l’attitude du Président. Ainsi, le 19 juin dernier, un collectif de militaires de haut rang, dissimulés sous le pseudonyme Surcouf, avait choisi de sortir de son devoir de réserve. Dans une tribune du journal Le Figaro, ils avaient signé ensemble un texte à charge contre le Livre Blanc de la Défense publié deux jours plus tôt. Une initiative qui avait mis Sarkozy dans une rage folle. Le chef de l'Etat avait aussitôt dépêché une enquête non-officielle, confiée à la DST pour trouver les "coupables". Aucun nom n’est sorti. La Grande muette porte décidément bien son nom. La plus grave crise entre militaire et président depuis la guerre d’Algérie Le Livre Blanc de la Défense est à l’origine du désamour entre Sarkozy et l’armée. Ce rapport publié le 17 juin, préconise en effet la suppression de 54.000 postes, soit le quart des effectifs militaires français (lire article dans notre édition précédente ). Quelques semaines plus tard, le drame de Carcassonne a ecorné des relations déjà tendues. Le 29 juin, 17 civils ont été blessés par accident lors d'une journée portes ouvertes de l’armée ( lire dans notre édition précédente). Cette histoire tragique avait provoqué la colère du Président français. Nicolas Sarkozy avait alors traité les militaires "d’amateurs". Bruno Cuche, chef de l’Etat-major de l’armée de terre, avait démissionné sur le champ, remplacé par Jean-Louis Georgelin. L'affaire avait ravivé un peu plus le ressentiment des soldats. La refonte de la carte militaire qui doit être annoncée d’ici fin juillet par le ministre de la Défense Hervé Morin ne devrait pas calmer les esprits. Samedi, les élus de 128 communes de Moselle ont menacé de démissionner de leurs fonctions si le 13ème régiment de dragons parachutistes de Dieuze quittait la ville. Les élus ont déjà écrit leurs lettres mais se laissent jusqu’au 22 juillet pour mettre leur menace à exécution. Dans cette crise, les civils semblent se ranger du côté de l’armée. Selon un sondage ifop-JDD, 88% des Français ont "plutôt une bonne opinion" des militaires de leur pays. Adeline BOURG. (www.lepetitjournal.com) mardi 15 juillet 2008 En savoir plus Nouvel Obs – Nicolas Sarkozy, très fier de l’armée française JDD - L’embarrassante affaire Surcouf Libération – Mobilisation pour une garnison
El-Assad, le mal-aimé.- La présence du président syrien El-Assad au défilé du 14 juillet a provoqué la colère de beaucoup de Français. Les anciens combattants ont déclaré vivre comme une injure la présence d’El-Assad pour commémorer la révolution française. En effet, il y a 25 ans, 58 parachutistes français du poste Drakkar ont été tués à Beyrouth lors d’un attentat commandité par le régime syrien. Reporters sans Frontières s’est offusqué aussi de la présence du chef d'Etat Syrien sur les Champs-Elysées. Robert Ménard, secrétaire général de l’association, a été interpellé hier dans la matinée. Accompagné de 10 autres militants, il scandait "Liberté en Syrie". Arrêtés sur le champ par le service de sécurité du défilé, ils n’ont pas été placés en garde à vue, mais envoyés au commissariat pour un contrôle d’identité. A.B. (www.lepetitjournal.com) mardi 15 juillet 2008
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