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Charm Al-Cheikh a accueilli récemment plusieurs réunions d'instances africaines. Le point fort de cette semaine d'échange était le 11e sommet de l’Union africaine qui s'est tenu sur fond de crise alimentaire menaçant un continent déjà miné par des conflits politiques. Réagir à des maux complexes Les dirigeants africains se sont retrouvés mercredi au bord de la mer Rouge pour tenter de trouver des solutions aux problèmes qui guettent leurs pays. Au départ, on a parlé ressources et développement, s'agissant des questions les plus vitales, la clef permettant d'ouvrir les autres portes. Ainsi, l'accès à l'eau potable, à l'assainissement approprié et à l'hygiène envisagé comme un besoin essentiel et un droit fondamental pour tous les êtres humains ont figuré dans les débats entre la plupart des chefs d'Etat et de gouvernements africains réunis à Charm Al-Cheikh pour le 11e sommet de l'Union Africaine (UA). Il porte d'ailleurs sur le thème de « La réalisation des objectifs du millénaire pour le développement, pour l'eau et l'assainissement ». Et pour réaliser ces objectifs du millénaire, le continent a besoin d'investissements annuels d'au moins 12 milliards de dollars. Photo - CC : Manifestations contre crise alimentaire
Jantes Komboyaya, ministre des Affaires étrangères de la République centrafricaine a déclaré à cet égard, que le sujet de l'eau est extrêmement important parce que l'eau, c'est la vie. « Il est important que les chefs d'Etats africains réfléchissent sur la répartition et l'utilisation de l'eau, car il y a des régions africaines qui en possèdent beaucoup et d'autres qui en sont privés. Alors, il faut étudier comment peut-on la répartir équitablement pour toutes les régions africaines » a-t-il ajouté. En fait, 43 % de la population de l'Afrique manque d'accès à l'eau pure et 62 % de sa population ne dispose pas de structures d'assainissement. C'est un grand défi pour les pays africains.
Ces dernières années, les pays africains sont plus conscients de l'importance de l'eau et accordent une plus grande attention à son exploitation et à la mise en valeur de ses ressources. En mars dernier, la première « Semaine de l'eau d'Afrique » a été organisée. C'est dire que, ces derniers se rendent compte actuellement de l'impact de la sécurité des ressources en eau sur le développement économique et social. « Les Africains sont plus conscients de la situation qu'auparavant. L'Afrique d'aujourd'hui n'est pas celle d'hier. Nous comprenons aujourd'hui à quel point cette question menace notre économie », relève-t-on au sein de la conférence. La crise utile à la réflexion En fait, les crises mondiales ont poussé les pays africains à réfléchir comment réagir dans le bon sens. Pour Paul Neni, ministre des Affaires étrangères togolais, la montée des prix du baril de pétrole et celle des prix des produits de première nécessité a interpellé les Africains pour revoir les bases de leurs économies et d'essayer de trouver une solution. « Il faut revoir les matières premières qui sont extraites du sol des pays africains. C'est notre richesse. Maintenant, la crise alimentaire doit nous pousser à réfléchir à trouver les solutions durables au continent », a expliqué Neni. Malgré ce regard optimiste de certains responsables africains, d'autres estiment toujours que l'Afrique n'a pas progressé et que le continent reste toujours celui d'il y a 20 ans. « Je trouve que l'on continue a penser négativement en Afrique », déclare Adama Samasiqou, secrétaire exécutif intérimaire de l'Académie africaine des langues. « C'est dramatique mais c'est la vérité. Notre système éducatif doit s'améliorer. La grande question pour le continent, c'est la formation de ses ressources humaines pour demain. C'est eux qui vont développer l'Afrique dans l'avenir. Il faut également remettre à l'ordre de jour, pas seulement à ce sommet, mais à chaque réunion africaine, la question du développement et de la démocratie dans le continent noir », a conclut Samasiqou. Chérif CHAFIK (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mardi 15 juillet 2008 |