Jean-François Casanovas vit depuis plus de vingt ans en Argentine. Cet artiste issu du misic-hall français a trouvé un terrain de jeu inépuisable à Buenos Aires. Il présente actuellement un spectacle au célèbre théâtre Maipo, lieu traditionnel du théâtre de revue
Jean-François Casanovas (photo LPJ - B.V.)
Jean-FrançoisCasanovas a débuté avec les grands du music-hall parisien, Roland Petit et Zizi Jeanmaire, dès les années 70, au Casino de Paris. Il est arrivé à Buenos Aires un peu par hasard en 1980, à l’invitation d’un théâtre portègne, séduit par son travail : cette invitation "me vino como el anillo al dedo… ça fait longtemps que je ne parle pas français, tu sais". Il n’est jamais reparti. Avec son éducation "mi-espagnole, mi-française", son tempérament "un peu apatride ou citoyen du monde", il était prêt pour le déménagement trans-atlantique : "Ici, tout est cinglé ; on n’a pas le temps de s’ennuyer".
Un rôle dans le dernier Coppola Dans son pays d’adoption, il a monté de nombreux spectacles. Il s’est produit sur Canal 7, a travaillé avec le metteur en scène et chorégraphe Oscar Araiz et l’artiste et costumière Renata Schussheim, a joué dans la dernière création de Julio Bocca (El hombre de la corbata roja) et a même tenu un rôle dans le dernier film de Francis Ford Coppola, Tetro, tourné en Argentine. Et s’il a conservé sa nationalité française, il n’entretient plus guère de lien avec sa patrie d’origine, maintenant que ses deux parents sont morts. Quant à ses deux sœurs, c’est en Espagne - où l’une d’elles est installée - qu’il les retrouve régulièrement. Figure singulière du spectacle de revue suivie par des fidèles de longue date, il présente actuellement Caviar Follies au théâtre Maipo : "Le style caviar, c’est cher, c’est court, ça n’a pas besoin d’être traduit, c’est une garantie d’excellence".
Music-hall Follies Il conçoit tout : l’histoire, les vêtements, le mixage de la musique, les affiches : "le music-hall, c’est la seule chose que je sache faire". A partir de fin septembre, Caviar Follies sera à l’affiche du théâtre Alcalá, à Madrid. Il y a des travestis ; une ambiance années 40 et 50 ; une émouvante imitation de Piaf et d’autres de Marilyn ; des plumes et des costumes en pagaille : "Mon travail, explique Casanovas, c'est de vendre de la fantaisie, de l’imagination, des mirages". On l’imagine extraverti, entouré d’amis, volant de fête en fête, accueilli dans les boîtes à la mode de la ville et présent aux premières de toutes les pièces. On a tort : "Je n’achète pas les journaux, je ne regarde pas la télévision, je ne vais pas voir les autres spectacles. Je vis seul, je n’ai pas beaucoup d’amis et je n’ai pas envie d’en avoir, je me fiche des conventions, je fais ce qui me fait plaisir, je vis dans mon propre monde et je me sens bien comme ça". De fait, Jean-François Casanovas travaille sans arrêt. Une nécessité financière, mais aussi mentale : "Je suis gémeaux, donc on est deux ; la scène, ça me permet de contrôler ma schizophrénie". Barbara VIGNAUX. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 17 juillet 2008
Caviar Follies Maipo Club, Teatro Maipo Esmeralda 443, 2e étage Tél. : 4322-8238/4882 Mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 22h00, dimanche à 21h00 Billets : $70 et $40. Auprès de la billetterie du théâtre (de 10h à 20h) ou à travers Platea Net : 5236-3000 www.plateanet.com Jusqu’au 31 août. |