Hier un euro valait 5700 Riels (=) et 1,37 US Dollar (=) Vous êtes 3.931 abonnés au Royaume du Cambodge et 143.994 dans le monde, okunh !Belles éclaircies, averses modérées (23/32Co)
Du 16 juin au 12 juillet, les peintres Séra et Vann Nath ont animé un atelier au Centre de ressources audiovisuelles Bophana, réunissant une dizaine de jeunes artistes pour un travail autour des archives audiovisuelles relatives à l’histoire et la culture khmères
L’atelier était organisé dans le cadre du projet " Mémoire, archives et création ", émanant d’une équipe de chercheurs français, dont les travaux portent sur les questions liées aux génocides.
Vann Nath transmet son savoir à la nouvelle génération (Crédit: Centre Bophana)
S’approprier l’histoire… Encadrés par Séra et Vann Nath, dix étudiants cambodgiens de l’Université royale des Beaux-arts et de l’association Phare Ponleu Selpak, ont travaillé à la réalisation d’œuvres nouvelles à partir des archives audiovisuelles. Pour les deux formateurs, la motivation est la même : amener les jeunes à se pencher sur leur histoire et à prendre conscience de leur passé. La première semaine a été consacrée à l’exploration des archives audiovisuelles. Ensuite, les jeunes artistes ont dû se réapproprier ces documents. " Ils ont choisi eux-mêmes leurs sujets, mais je les ai obligés à analyser leurs choix, à en comprendre les raisons et ce qu’ils voulaient dire " précise Séra. " Il faut qu’ils prennent conscience de ce que leurs travaux donnent à voir. Le langage des images dépasse la seule maîtrise technique. Il faut dépasser la seule volonté de faire bien pour aller plus loin et dire juste ". Même constat de la part de Vann Nath : " Le but de l’artiste n’est pas de copier l’archive, mais de penser une réalisation d’après cette archive. Par exemple, en voyant un film sur la guerre, l’artiste pensera aux conséquences de la guerre et c’est ce qu’il représentera ".
. …pour en faire surgir une création personnelle Au rez-de-chaussée du Centre Bophana, les étudiants ont étalé leurs toiles, pinceaux, crayons. Chacun a sa pratique de prédilection : dessin, peinture, sur bois, sur tissu, à la bougie, au fusain, photographie…Un point commun cependant : la majorité de leurs créations renvoient à la période khmère rouge. " Cette période est immatérielle pour eux, confuse, mais elle est présente dans leur chair " explique Séra. Séra et Vann Nath sont deux artistes différents dans leurs approches esthétiques et dans les techniques qu’ils emploient. La richesse de ce qu’ils peuvent apporter n’en est que plus grande. C’est Séra qui donne les lignes directrices de travail. Vann Nath apporte des conseils complémentaires sur la façon de dessiner et de peindre : " Cette différence entre Séra et moi est d’un grand intérêt pour les étudiants, pour ce qu’ils auront acquis à la fin de l’atelier ". Et Séra de conclure : " Vann Nath est un symbole de ce qu’on peut dire sur son vécu. Il est une référence pour ces jeunes. Mais je n’attends pas qu’ils fassent comme lui, ou comme moi. Nous sommes des exemples, des éléments moteurs, des gardiens, pour les aider à atteindre, non pas la beauté, mais un questionnement sur eux-mêmes ". (www.lepetitjournal.com - Cambodge) lundi 14 juillet 2008