| Ecrit par Benoit Soilly,
le 11-07-2008 00:00
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Nicolas Sarkozy a répondu hier devant le parlement européen aux propos de l’ambassadeur chinois. En cas de rencontre du président français avec le Dalaï Lama, des contrats avec la Chine pourront être annulés selon l'ambassadeur. Humiliée, la France tente de sauver la face et les apparences
Les relations France-Chine demeurent tendues et compliquées à moins d'un mois du début des JO. Pourtant, Nicolas Sarkozy a annoncé sa présence à la cérémonie des Jeux Olympiques, alors qu’il avait lié cette venue à l’amélioration de la condition tibétaine. Mais, mardi, l’ambassadeur chinois à Paris en a remis une couche. Il a menacé la France de "conséquences graves" au cas où Nicolas Sarkozy rencontrerait le Dalaï Lama, de passage en août dans l’Hexagone. En clair, si Nicolas Sarkozy rencontre le chef spirituel des Tibétains, pas de contrats avec la Chine. L’encre des contrats portant sur la vente des 56 rames de TGV et d’une centaine d’Airbus est encore effaçable et pèse lourd dans la balance. Les Chinois appuient là où cela fait mal, c'est-à-dire au portefeuille. "Ce n'est pas à la Chine de dicter mon agenda ni mes rendez-vous" a rétorqué hier Nicolas Sarkozy. Ce qui ne veut pas dire non plus que le chef d’Etat rencontrera le chef spirituel des Tibétains. Remake de 2003 Convoqué mercredi selon la presse française, plutôt invité en réalité, au Quai d’Orsay par Bernard Kouchner, l’ambassadeur chinois Kong Quan n’a rien inventé en s’attaquant à la France plutôt qu’à un autre pays. La diplomatie chinoise reprend à sa sauce une phrase de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice à l’époque du tumulte entre la France et les Etats-Unis autour du déclenchement de la guerre en Irak : "Punir la France, ignorer l'Allemagne, pardonner à la Russie". Pour la Chine, il suffit de remplacer la Russie par les Etats-Unis. Car le président américain Georges W Bush a reçu le Dalaï Lama à la Maison Blanche, tout comme Angela Merkel, la chancelière allemande. Les Chinois se sont contentés de courber l’échine. Merkel va même boycotter la cérémonie d’ouverture des J.O., tout en continuant à faire du business avec la Chine. Car c’est la Chine qui est dépendante de l’Allemagne. Forte de son commerce extérieur, la chancelière Merkel peut plus facilement faire ses propres choix sans pression. Premiers partenaires européens de la Chine, les Allemands avaient exporté 18 milliards d’euros vers l’empire du milieu en 2005. Les entreprises françaises ont elles trop besoin des signatures chinoises pour les contrats. Benoît SOILLY. (www.lepetitjournal.com) vendredi 11 juillet 2008 En savoir plus : Les Echos - Les firmes françaises craignent les tensions entre Paris et Pékin Le Point - Convoqué par Kouchner, l'ambassadeur de Chine persiste et signe 20 Minutes - "Ce n'est pas à la Chine de dicter mon agenda ni mes rendez-vous" Le Monde – La France est fragilisée par ses atermoiements sur le Tibet.- Vidéo - La passe d'armes de Daniel Cohn-Bendit et Nicolas Sarkozy, hier, au parlement européen au sujet de la présence du président français aux Jeux Olympiques
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