Pour ceux qui aiment se faire peur en avion ou à la plage, six auteurs livrent leurs jouissifs pavés d’angoisses. Mo Hayder, Marcus Malte, Minette Walters, Patricia MacDonald, Harlan Coben & Karin Slaughter jouent délicieusement des frayeurs actuelles
Rituel, Mo Hayder (Presse de la Cité, 418p, 21 €)
Belle blonde au visage d’ange, Mo Hayder est l’auteur de thrillers parmi les plus sombres qui soient. Dans son nouvel opus, Rituel, elle signe le retour de l’inspecteur londonien Jack Caffery, récemment muté à Bristol. Quand Phoebe Marley, plongeuse de la police découvre une main tranchée dans les eaux boueuses du port, le cauchemar ne fait que commencer. Pris dans une véritable toile, le lecteur suit en parallèle l’enquête et les déboires de deux écorchés de la vie : la jeune femme cherche à comprendre la mort tragique de ses parents lors d’une plongée dans un souterrain aquatique ; Caffery est toujours hanté par la disparition de son frère il y a 30 ans, vraisemblablement tué par un pédophile. Entre intrigue policière et voyage initiatique pour les héros, ce livre est une plongée glaçante dans la noirceur de l’âme humaine, chirurgicalement décrite par un ange. NM (www.lepetitjournal.com) vendredi 11 juillet 2008
Garden of love, Marcus Malte (Zulma, 317p, 18€50)
Dans un subtil entremêlement polyphonique, les couleurs du ciel et de la mer bercent une machiavélique histoire de manipulations. Les héros ne sont pas ceux qu’on croit et la construction narrative qui s’articule autour du déchu inspecteur Astrid crée une atmosphère d’inéluctable drame. Il faut aller jusqu’au bout pour comprendre l’enchaînement des événements. Alors toute la perversité d’un cerveau malade fait sens. Malgré son patronyme et le titre de son roman qu’il emprunte d'un poème de William Blake, Marcus Malte est un auteur français né à Toulon. A un peu plus de 40 ans, il maîtrise l’écriture de la folie et sait créer au sein des intrigues, une réelle atmosphère littéraire. Prix du roman policier 2008 des lectrices de Elle. BR (www.lepetitjournal.com) vendredi 11 juillet 2008
Triptyque, Karin Slaughter (Grasset, 505p, 20€90) TrypTych
La quatrième de couverture annonce le rebondissement le plus stupéfiant qu'on ait lu depuis longtemps dans un thriller. Même si c’est un peu survendeur, voilà qui met l’eau à la bouche. Il est d’ailleurs question de bouche dans cette sanglante histoire en trois pans où les victimes se retrouvent la langue arrachée par leur agresseur. La construction sur deux époques et quatre personnages essentiels interdit formellement de reposer le roman avant de l’avoir terminé ! AL (www.lepetitjournal.com) vendredi 11 juillet 2008
L’ombre du caméléon, Minette Walters (Robert Laffont, 398p, 22€) The chameleon’s shadow
Avec sa façon toute particulière de camper ses personnages en trois coups de cuillères à pot et d’installer une ambiance quasi immédiate, Minette Walters s’attaque ici aux ravages que la guerre en Irak peut causer dans un esprit initialement sain. On la suit sans hésiter dans les errances de la mémoire, dans les méandres homophobes et dans l’impossible retour à la vie civile. FP (www.lepetitjournal.com) vendredi 11 juillet 2008
Rapt de nuit, Patricia MacDonald (Albin Michel, 384p, 21€50) Stolen in the night
Tess n’avait que 9 ans quand elle a assisté sous la tente, à l’enlèvement de sa sœur. Quand le cadavre a été retrouvé, c’est le témoignage de Tess qui a conduit à l’arrestation du coupable –et à son exécution. Mais quand 20 ans plus tard, la science permet de faire parler l’ADN, il s’avère que le coupable ne l’était pas… Dans une implacable intrigue qui se laisse dévorer, Patricia MAcDonald s’attaque cette fois à la peine capitale. Subtil et rondement mené. FP(www.lepetitjournal.com) vendredi 11 juillet 2008
Dans les bois, Harlan Coben (Belfond noir, 423p, 21€50) The woods
Là aussi il est question de meurtres d’ados, et de rebondissements 20 ans plus tard. Mais dans l’univers impitoyable de Coben, la relecture du passé apporte bien plus que des éléments nouveaux... Ainsi, il faudra attendre la fin pour savoir en quoi le héros était –ou non, coupable de la disparition de sa sœur cette fameuse nuit d’été 1985, dans une colonie du New Jersey. Et comment une telle tragédie a mis à sac plusieurs contextes familiaux. La mécanique du thriller fonctionne à plein ballons. A quand, comme pour Ne le dis à personne, une adaptation au cinéma de Guillaume Canet ? AL(www.lepetitjournal.com) vendredi 11 juillet 2008