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DOSSIER EDUCATION - 3. L’enseignement privé sous le blocus Version imprimable Suggérer par mail
mercredi 09 juillet 2008

L'enseignement privé en Egypte fait face à une crise intense. Longtemps dispensés d’impôts, les responsables de ces établissements sont actuellement confrontés à la nouvelle loi 114 de l’an 2008 qui consiste à imposer des impôts sur tout organisme d’enseignement privé. Les investisseurs risquent désormais d’abandonner ce domaine qui jouissait  auparavant de l’appui du gouvernement

Les établissements scolaires et universitaires privés sont des sociétés à but non lucratif. Ces associations pédagogiques ont été créées à l’origine non seulement pour répondre aux besoins des familles aisées qui souhaitaient un enseignement compétent et correct pour leurs enfants, mais aussi pour répondre à l’appel de l’état qui confrontait des énormes difficultés à fournir un enseignement gratuit et de qualité. 
Depuis l’apparition de la loi 114 de l'an 2008, des discutions à tous les niveaux ont été entamées pour choisir la méthode optimale pour l’appliquer sans nuire à ces organisations. Au sein du  parlement une réunion élargie a eu lieu entre son Comité d’Enseignement et des Recherches Scientifiques sous la direction de Chérif OMAR et le président de l’administration fiscale  Achraf El-Arabi. Ce dernier déplore la loi précédente et  déclare la fin de l’ère des exemptions fiscales en Egypte. Il a ajouté que tout citoyen doit  vingt piastres à l’état sur chaque livre gagné.

Enseignement public payant ?
Les universités privées ont été fondées à travers des décrets présidentiels pour  répondre aux besoins progressifs des étudiants que les établissements de l’état ne pouvaient pas procurer. Les frais excessifs que payent les étudiants dans ces universités ne couvrent pratiquement pas les dépenses : bâtiments, laboratoires exigés par le ministère d’enseignements, équipements, bourses, terrains de sports, logements… Selon Almandouh Al-Husseini, chef de l’association des écoles et universités privées et adjoint de la commission de l’enseignement au parlement, "5% seulement du secteur de l’enseignement privé réalisent des profits excessifs, ce qui signifie que 95% vont affronter de grosses difficultés".
Toutefois, le ministère d’enseignement supérieur, a créé depuis plusieurs années, de nouveaux départements payants dans les différentes facultés des universités publiques. Les frais de ces départements s’approchent actuellement de ceux des universités privées. Dans de nouveaux bâtiments climatisés, profitant de la notoriété de ces anciennes universités,  les étudiants reçoivent un enseignement plus avantageux sur le fond et sur la forme (laboratoires bien équipés, professeurs experts, etc).  Ainsi ces départements deviennent de vrais concurrents des universités privées.  Des questions se posent : est-ce que les Universités privées ont déjà accompli la mission qui leur a été confiée ? Ce rôle était-il de préparer le marché à un enseignement onéreux ? L’état cherche t-il à faire disparaître ces établissements après qu'ils aient achevé leur tâche ? Le but était- il de mettre fin à l’ère de l’enseignement subventionné ?
Texte et photos : Lama AHMED (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mercredi 9 juillet 2008

 
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