| Ecrit par Chloé Fricout,
le 07-07-2008 00:00
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Les photographies de Federico Gama nous dévoilent des personnages urbains que l’on croise, sans jamais les regarder. À travers leurs modes et leurs gestuelles, ces jeunes des quartiers populaires deviennent les sujets d’une d’anthropologie visuelle (Source Federico Gama)
Punks ou cholos, les photographies de Federico Gama sont actuellement exposées dans l’ambitieuse exposition documentaire Laberinto de miradas proposée par le Centre Culturel d’Espagne. Portraits de grande taille, le fond est un plan flou, unique, sur lequel se détachent avec détail les personnages en mouvement, éclairés par la lumière naturelle. Arborant crêtes, ceintures métalliques et autres accessoires rarement discrets, ces jeunes que Federico Gama nomme les "Mazahuacholoskatopunk" sont les sujets de sa dernière série. Ces groupes au look ostentatoire sont venus en ville pour travailler, mais ont grandi dans des régions où les traditions jouent encore un rôle social primordial. Combinaison d’éléments coutumiers et d’accessoires urbains, leurs allures, parfois extravagantes, révèlent ce que Federico Gama nomme la "migration culturelle". "Photographe documentaire conceptuel" Federico Gama se dit "photographe documentaire conceptuel" : son travail correspond à un morceau de la réalité, tel qu’il la perçoit et selon un concept déterminé. Ce n’est pas la vie quotidienne en tant que telle qui l’intéresse mais le concept de "migrations culturelles" qu’il a forgé tout au long de ses reportages. Une des manifestations les plus visibles des cultures, du passage de l’une à l’autre ou de leur syncrétisme, c’est bel et bien la mode. Ces jeunes remplacent le fichu des parents par un foulard imprimé plié et savamment noués sur la tête, le pantalon en toile par un jean lâche orné de signes et de phrases rajoutées à la main. Le syncrétisme est un élément déterminant de la migration de la campagne à la ville. La question du déracinement et de son impact culturel a toujours été présente dans les travaux de Gama. Pour son projet Los cholos de Neza York o la expansión de la cultura chicana en México, le photographe réussit à gagner la confiance des clicas les plus dangereuses de Nezahuacoyotl. Sans être jamais sorti du Mexique, l’héritage bi-national qu’ils revendiquent est indéniable : des Pachucos tel Títan aux Chicanos de l’Est de Los Angeles, en passant par des classiques hollywoodiens. La "migration culturelle" n’est pas toujours associée à une migration physique de l’individu. Alors que les Cholos posaient volontiers, les "Mazahuacholoskatopunk" font preuve d’une timidité qui empêche toute pose naturelle. Pour les photographier, Gama choisit le téléobjectif. Utilisé pour les défilés et pour révéler la vie cachée des stars, il permet de capturer en pleine rue, de loin et sur le vif. Le concept de la série induit la technique utilisée qui à son tour détermine l’esthétique : les photoreportages de Federico Gama sont de véritables séries artistiques. Chloé FRICOUT. (www.lepetitjournal.com) lundi 7 juillet 2008 Federico Gama participe à l’exposition de photographie documentaire « Laberinto de miradas » Centro Cultural de España de México. C/guatemela, 18. Centro Histórico T. 5521 1925 al 28 www.ccemx.org
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