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Dans une Espagne fortement décentralisée, les langues régionales ont parfois tendance à prendre le dessus sur le Castillan. Des intellectuels et des écrivains ont rédigé un manifeste afin de faire reconnaître le statut du castillan dans la constitution espagnole
Le castillan est-il mis en danger par les langues régionales?
Si en France, l’Assemblée Nationale milite pour la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution, amendement rejeté par les sénateurs, en Espagne ce n’est pas le même discours. Ces temps-ci, un "manifeste pour la langue commune", signé par des intellectuels et des écrivains, est en circulation. Il plaide pour la défense de la langue castillane. Le Castillan que l’on appelle généralement "l’espagnol", est une langue parlée par 480 millions de personnes dans le monde. En danger sur ses terres Pourtant ce n’est pas pour le Castillan dans le monde que les rédacteurs du manifeste se préoccupent, mais plutôt pour l’avancée des langues régionales sur la péninsule. Pour les signataires de la déclaration, dans un pays fortement marqué par la décentralisation, les dialectes régionaux comme le Catalan, le Basque et le Galicien, mettent en danger le Castillan. Les gouvernements autonomes, étant tenus de gérer le système éducatif, en profitent pour favoriser le développement des langues régionales au détriment de la langue commune. Le manifeste réclame le droit d’étudier en Castillan pour tous, et que les panneaux et documents officiels ne soient pas qu’en langue régionale. Cause toujours… Les gouvernements autonomes ne l’entendent pas de la même oreille, et un dialogue de sourd semblerait s’installer. Preuve en est la promotion du Catalan par son gouvernement, qui a versé 14.700 euros d’aides à un réalisateur de film X en catalan, pour "contribuer à la diffusion de cette langue régionale". Quand au gouvernement des Iles Baléares, il a envoyé une lettre au président de la compagnie aérienne Air Berlin, pour réclamer l’usage du catalan sur les vols à destination et au départ des îles. Une bataille linguistique qui n’est pas sans conséquences au quotidien. Nombreux sont les Madrilènes qui rêvent de mer et soleil mais ne peuvent trouver un emploi à Barcelone faute de parler catalan. Ruben, 25 ans, originaire de Madrid est réaliste : "si je voulais aller travailler à Barcelone, il faudrait d’abord que j’apprenne le Catalan". Quand après une finale de coupe d’Europe, les uns crient "campeone" dans les rues de Madrid et les autres "campió" dans celles de Barcelone, l’identité nationale est-elle à remettre en cause ? Rodolphe d’ARAGON (www.lepetitjournal.com-madrid) vendredi 4 juillet 2008 A lire : Courrier International cliquez ici Le Monde |