| Ecrit par Colette DEHALLE,
le 04-07-2008 01:04
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Certains ont déjà commencé et les spectateurs n'ont que l'embarras du choix. Honneur au plus ancien de tous. Les Chorégies d'Orange ont en effet été crées en 1869 et affirment chaque été, en juillet-août, leur vitalité avec 8600 spectateurs à chaque représentation. Ils suivent avec passion le déroulement de l'opéra devant le fameux mur du Théâtre Antique qui lui assure une acoustique extraordinaire.
 Chorégies d'Orange (source photo: Wikipedia)
Que de chemin parcouru depuis la première représentation, Joseph opéra de Mehul, ce furent ensuite les oeuvres d'auteurs dramatiques français ou des tragédies gréco-romaines. En 1971, avec les Nouvelles Chorégies, c'est l'orientation lyrique qui prévaut, s'y produisent des chanteurs prestigieux et l'assistance arrive du monde entier ! Chaque année six soirées, deux opéras donnés deux fois et deux concerts. En 2008, Carmen, Faust, le Requiem de Verdi et celui de Fauré sont au programme.
Le festival d'Avignon est l'oeuvre de Jean Vilar qui l'a créé en 1947. Chaque année en juillet, la Cité des Papes ne vit que pour le théâtre, que ce soit IN dans les lieux traditionnels ou OFF dans les rues la moindre maison devient scène. Tout a commencé en septembre de cette année-là quand ce grand homme de théâtre organise à la faveur d'une exposition Une semaine d'Art en Avignon, des représentations dans des lieux qui deviendront mythiques, Cour d'Honneur du Palais des Papes, Théâtre municipal et Verger d'Urbain V. On y vit La Tragédie du roi Richard II de Shakespeare, La Terrasse de midi, de Maurice Clavel et L'Histoire de Tobie et Sara, de Paul Claudel. Sur la scène Jean Vilar, Jeanne Moreau ou Michel Bouquet notamment. Ils reviendront par la suite avec Maria Casares, Philippe Noiret et naturellement Gérard Philipe. A la mort de Vilar en 1971 ses successeurs Paul Puaux, Bernard Faivre d'Arcier ou actuellement Hortense Archambault et Vincent Baudriller, ont poursuivi avec la même ferveur. Quelques modifications sont intervenues, la manifestation dure plus de trois semaines et a investi de nombreux lieux, certains hors les murs, il s'est aussi ouvert à d'autres aspects que la création théâtrale, mais il attire toujours autant de spectateurs. En 1968 il s'est enrichi du festival Off qui propose des centaines de spectacles de toutes sortes. 2008 s'annonce prometteur.
Le festival d'Aix-en-Provence qui fête son soixantième anniversaire, est à jamais lié au nom de Gabriel Dussurget. Né le 31 décembre 1904, il fut mêlé très tôt à la vie artistique cosmopolite dont il a fréquenté les membres les plus éminents. Il participa à la création des Ballets des Champs-Elysées qui virent Picasso, Christian Bérard ou Brassaï côtoyer Cocteau, Sauguet ou Kosma entre autres. C'est donc à cet esthète que fait appel la comtesse Lily Pastré qui souhaitait redonner un souffle culturel à Marseille après la guerre en y créant un festival. On cherche un lieu et Dussurget le découvre dans la Cour de l'Archevêché à Aix. L'aide financière du Casino de la ville et le soutien du sous-préfet font le reste ! Le premier Festival a lieu en juillet 1948. Trois ou quatre concerts dans la cour de l'Archevêché, un dans la cathédrale St-Sauveur et d'autres en divers lieux. Un opéra, Cosi fan tutte de Mozart. Les débuts ont quelque chose d'artisanal mais rétrospectivement on est ébloui, Mozart dans toute sa splendeur, dès 1949 on enchaîne avec don Giovanni. Des décors de Georges Wakhevitch, Derain ou Masson et quelles voix Berganza, Alva, Bacquier, Van Dam, Stich-Randall ! Le financement devient difficile, Dussurget quitte ses fonctions à Aix dans les années soixante. Ses divers successeurs poursuivent son oeuvre avec des orientations diverses, jusqu'à Stéphane Lissner qui part diriger la Scala de Milan en 2007 et Bernard Foccroulle actuellement. En 2008, outre Mozart toujours présent Haydn, Purcell et Wagner.
Colette DEHALLE. www.lepetitjournal.com - Monaco
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