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Soulagement pour les lycéens égyptiens : les épreuves de la sanaweya 3ama, l’équivalent de notre baccalauréat, se sont terminées le 1er juillet. Du côté des professeurs et pédagogues, on s’interroge sur le bien-fondé du système d’évaluation et sur les méthodes d’enseignement 
Dernière révision in extremis (photo LPJ-Stéphanie Sicard) Cette année encore, le baccalauréat aura fait parler de lui : vente des sujets, pleurs et évanouissements des bacheliers à la découverte de la difficulté des questions, suicides dans certains cas dramatiques. Il y a peu, le président Moubarak organisait une nouvelle réunion ministérielle au sujet d’une réforme de l’enseignement secondaire et du système d’évaluation du baccalauréat. Afin de soulager la pression qui pèse sur les élèves, un nouveau système de contrôle continu qui s’étendrait sur les trois années du cycle secondaire a été proposé. Mais qu’en est-il d’une réforme des méthodes d’enseignement ? Des méthodes désuètes ? Les épreuves de la sanaweya 3ama, commencées le 7 juin dernier, marquent la fin de la troisième et dernière année dans l’enseignement secondaire égyptien. Trois semaines de stress et de bachotage intense pour les lycéens. "Le système d’enseignement égyptien est essentiellement basé sur le par cœur et laisse peu de place à la réflexion personnelle" explique Sœur Geneviève, directrice du lycée Sacré Cœur à Ghamra. Dans son établissement, on a décidé depuis deux ans d’appliquer les méthodes d’enseignement françaises et cela avec l’accord des ministères de l’éducation égyptien et français. La différence est notable. Ingy, lycéenne à Ghamra, mais qui a pu expérimenter le système égyptien, témoigne : "ici, on est libre de dire ce qu’on pense. Même si le professeur n’est pas d’accord, il ne nous pénalisera pas pour ça". A Ghamra, on souhaite que l’autonomie prenne le pas sur le formatage des esprits lié à la mémorisation par cœur des programmes. Classe du Collège du Sacré Coeur (photo LPJ)
La dualité public/privé Révisions obligent, partout en Egypte, les salles de classe étaient quasiment désertes depuis la mi-avril. "La plupart des lycéens sont regroupés dans des centres où ils prennent des cours particuliers pour réviser" explique Sœur Geneviève. Dans un contexte de classes surchargées de 50 à 70 élèves, eux seuls permettent d’obtenir des notes suffisantes pour entrer à l’université. Une part importante des dépenses des ménages égyptiens est d’ailleurs dédiée à ces cours privés tout au long de l’année, ne faisant que renforcer la pression qui pèse sur les épaules des lycéens. Les résultats et le nombre de points, qui seront connus à la mi-juillet, feront ou non que le bachelier pourra intégrer l’université qu’il a choisie. Pour les familles pouvant se permettre d’investir dans l’éducation de leurs enfants, le choix, plus facile, se portera sur les universités privées, notamment étrangères, considérées plus prestigieuses que celles appartenant au public. Un système éducatif à revoir aussi en ce qui concerne l’égalité des chances. Stéphanie SICARD (www.lepetitjournal.com – Le Caire – Alexandrie) lundi 7 juillet 2008 |