| Ecrit par Alexandra Beugnet,
le 03-07-2008 00:00
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12 morts par asphyxie et piétinement, 9 jeunes et 3 policiers. On aurait pu croire que le nombre de victimes en resterait là. Mais non, cette tragédie est maintenant suivie d’une série d’exécutions politiques. Le gouvernement de Marcelo Ebrard saura-t-il faire face à cette crise ? 
La bousculade meurtrière à la sortie du News Divine (Source elmanana.com.mx) Le 20 juin dernier a été un jour funeste pour le Distrito Federal. 9 jeunes et 3 policiers sont morts par asphyxie et piétinement à la suite d’une descente de police dans la discothèque New’s Divine. Cette journée a également été un détonateur dans la sphère politique. Il semble que, d’abord un problème de sécurité publique, le cas du New’s Divine se soit converti en une chasse à l’homme (politique). Il nous faut un responsable… Le propriétaire du club, Alfredo Maya Ortiz, a été le premier accusé. Il est actuellement jugé pour 7 délits de corruption de mineurs – vente de boissons alcoolisées – l’une des causes de la tragédie. Le 24 juin, Francisco Chiguil, Gouverneur de la Délégation Gustavo Madero, a démissionné de sa charge, même s’il a affirmé : "J’ai la conscience tranquille". Plus tard, Guillermo Zayas, coordinateur de la descente à l’Unipol, était accusé d’homicide involontaire (par omission), puis d’homicide volontaire (par commission) par la PGJDF (Procuraduria General de Justicia del DF). Et la liste ne cesse de s’allonger : Le secrétaire de la Sécurité Publique (SSP), Joel Ortega et le Procureur de Justice du DF, Rodolfo Felix Cardenas s’accusent l’un l’autre. Enfin, pour que la liste soit exhaustive, il faut citer le Maire de la ville de Mexico, Marcelo Ebrard. Car entre les coups d’éclats politiques et les accusations, la tragédie elle-même semble avoir disparu : les enjeux sont maintenant beaucoup plus ambitieux et lucratifs : faire tomber le gouvernement Ebrard. …mais pour quelle responsabilité ? Ebrard a avoué que "des erreurs graves" avaient été commises. Revenons sur les faits. D’abord, le propriétaire acceptait des mineurs et leur vendait des boissons alcoolisées et la sortie de secours était inaccessible. Puis Guillermo Zayas a envoyé une équipe pour effectuer un contrôle. Les agents, apparemment peu formés, ont bloqué l’unique sortie de la discothèque, provoquant l’écrasement de 500 jeunes gens. Enfin, des dizaines de jeunes ont été détenus par la police, pendant 5 heures. Alors qu’ils se présentaient comme témoins, ils ont été traités comme des délinquants, fichés et photographiés. Parmi eux une trentaine de jeunes filles mineurs ont été photographiées nues, sous prétexte d’un examen médical. Dans cette affaire, il reste beaucoup trop d’interrogations : Pourquoi la police envoie-t-elle des agents insuffisamment formés ? Qu’en est-il des centaines de discothèques du même genre qui pullulent dans la ville, qui sont connues des autorités et qui fonctionnent en toute impunité? Finalement, pourquoi, après les contrôles, les discothèques qui ne sont pas aux normes de sécurité ne ferment-elles pas ou rouvrent-elles sous un autre nom ? Autant de questions que les citoyens se posent mais dont les réponses semblent bien trop gênantes… Alexandra BEUGNET. (www.lepetitjournal.com) jeudi 3 juillet 2008
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