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POLITIQUE - Aníbal Ibarra saute |
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mardi 15 novembre 2005 |
La tragédie de l'incendie mortel de la discothèque Cromañon vient de donner lieu à une retombée explosive : le parlement de Buenos Aires a décidé lundi de suspendre provisoirement de ses fonctions Aníbal Ibarra. Le maire de la ville devra affronter la justice, pour négligence
Pas de chance pour Ibarra : sa suspension est une première à Buenos Aires. (Photo : AFP)
Aníbal Ibarra, le maire de Buenos Aires, a été suspendu provisoirement de ses fonctions. Le parlement de la ville autonome, réuni en session plénière extraordinaire, en a décidé ainsi lundi dernier pour manquement à ses obligations. En tant qu'élu, il devait veiller à la sécurité publique et a donc failli dans le cas précis de la tragédie de Cromañon. 30 voix se sont prononcées en faveur de la citation en justice d'Aníbal Ibarra, sept votes contre, et six abstentions.
Le 30 décembre dernier, l'incendie de la boîte de nuit Cromañon suite à l'explosion d'un pétard, conjugué à l'absence de normes de sécurité, avait fait 193 victimes, pour la plupart des jeunes décédés par suffocation. Il s'agit de la plus grave tragédie que la ville ait connue.
Lundi, on a assisté à un important déploiement des forces de l'ordre autour du siège de la municipalité. Bordant l'accès, un espace clos par une double haie de barrières grillagées avait été aménagé pour les parents des victimes. Ces derniers ont vu limiter leur présence à l'audience publique au nombre de dix. Ils avaient donc décidé de ne pas assister à la séance et de se regrouper dans la rue, après avoir tapissé le fond de l'hémicycle des photos de leurs enfants décédés. A fait inédit, procédure judiciaire hors norme
La citation en justice est un fait inédit pour l'histoire de la ville. D'ici quatre mois, les 15 députés porteños de la Sala Juzgadora (tribunal spécial) devront s'exprimer sur la culpabilité ou l'innocence du maire de Buenos Aires. Ce tribunal est distinct de la justice civile ou pénale ordinaires. La décision finale doit provenir d'une majorité atteignant les deux tiers de ses membres.
Dans le cas d'un verdict de culpabilité, Anibal Ibarra sera définitivement destitué de ses fonctions et inhabilité à exercer une quelconque charge publique dans la ville pendant dix ans. Si le tribunal ne se prononce pas dans le délai stipulé, l'accusé est considéré alors innocent et ne pourra plus être poursuivi en justice pour les mêmes accusations. Suzanne THIAIS. (LPJ - Buenos Aires) 16 novembre 2005 |