| Ecrit par Jean-Marc Jacob,
le 01-07-2008 01:00
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Les Galeries du Grand Palais remettent en lumière un mouvement un peu oublié. Une expo y célèbre la Figuration narrative : un groupe où l'engagement social et politique de l'artiste tient une place prépondérante 
Les oeuvres de la Figuration narrative sont exposées au Grand Palais jusqu'au 13 juillet 2008A la fin des années 50, l'abstraction régnait sur Paris mais donnait, comme le Surréalisme, de forts signes d'essoufflement. De jeunes artistes entendaient alors réanimer la peinture. Hervé Télémaque, Bernard Rancillac, Antonio Recalcati, ou Jacques Monory faisaient feu de tout bois et emplissaient leurs toiles d'images de magazines, de citations de bandes dessinées, de pub, de ciné… Oubliés un temps dans un recoin de l'histoire de l'art, les acteurs de la Figuration narrative sont à l'honneur pour une belle exposition au Grand Palais. Attention, il ne reste que deux semaines pour la voir ! Sur des murs vivement colorés, elle retrace d'abord la genèse de ce qui ne sera jamais tout à fait un mouvement constitué. Au fil du parcours, elle évoque aussi Mythologies quotidiennes, l'exposition fondatrice du groupe en 1964 et insiste sur leur art du détournement, sur l'influence du roman noir et sur leur intérêt pour une figuration politique. Les toiles bleutées de Monory, baignées d'une atmosphère de polar sont célèbres. La visite au Grand Palais est une bonne occasion de voir d'autres œuvres, fortes comme les animaux encagés de Gilles Aillaud, ou ouvertement provocantes, comme la fameuse mise à mort collective de Duchamp dans Vivre et laisser mourir ou la fin tragique de Marcel Duchamp, où Arroyo, Ailliaud et Recalcalti se mettent en scène en assassins de l'inventeur du ready made. Apparaissant durant les années 60, la Figuration narrative était en concurrence directe avec le Pop Art (photo ADA)
Pictural et politique Ennemis du formalisme et de l'art pour l'art, ces peintres de années 60 ont tenté, en jouant des images de leur temps, de redéfinir la place de l'artiste et d'imposer une conception politique. Leur vision critique a certainement souffert du triomphe de leur contemporain : le Pop Art. Ils ne sont pourtant pas qu'un simple pendant européen du mouvement de Warhol. Dans une certaine mesure, la Figuration narrative peut s'entendre comme un activisme pictural dont l'histoire est jalonnée de scandales et de coups d'éclat. L'exposition du Grand Palais en donne une vision complète. Parfois plus que par ses œuvres elles-mêmes, cette nouvelle figuration témoigne des agitations et des utopies d'une époque. Elles sont précieuses pour la nôtre. Jean-Marc JACOB. (www.lepetitjournal.com) mardi 1er juillet 2008 Figuration narrative, Paris 1960-1972, jusqu'au 13 juillet 2008 Galeries Nationales du Grand Palais, Paris 8. Site Officiel
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