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Dans le cadre de la réunion de la Commission Baleinière Internationale et des quatrièmes Journées du Droit Environnemental, Laurent Stefanini, Ambassadeur de France en charge de l'environnement, venait à Santiago pour représenter les positions françaises. Rencontre
Laurent Stefanini au colloque du Droit environnemental (Photo LPJ)
LePetitJournal : M. Stefanini, pouvez-vous nous dire en quoi consiste exactement votre rôle ? Laurent Stefanini : Il s'agit d'un rôle de négociateur et de coordinateur, pour toutes les questions environnementales. Il est à cheval sur plusieurs ministères, notamment des Affaires étrangères et de l'Ecologie qui d'ailleurs, est aussi celui de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire. C'est donc un rôle à vocation interministériel, il faut diriger les délégations françaises et les coordonner comme ici dans le cadre de la Commission Baleinière où j'accompagne le commissaire baleinier français. Vous êtes également présent pour le quatrième colloque du droit environnemental, ça tombe plutôt bien? Oui effectivement, c'est le hasard, vendredi (ndlr: 27/06/08), j'y présenterai la nouvelle politique française environnementale et j'évoquerai le grenelle de l'environnement. Concrètement, qu'attendez-vous de cette visite au Chili? Au sein de la Commission Baleinière, il s'agit d'affirmer la position française qui est conservationniste. C'est à dire qu'elle se prononce en faveur de la protection des cétacés. Pour le colloque, nous allons essayer d'apporter notre expérience française aux Chiliens. Mais existe-t-il un partenariat environnemental avec le Chili? Oui, nous avons mis en place un coopération technique. Quatre projets pluri-annuels sont actuellement mis en oeuvre dans plusieurs régions du Chili. Nous souhaitons élaborer le développement local, lutter contre la déforestation ou encore éduquer la population à l'environnement. Il y a une véritable démarche stratégique sur le plan national. Nous voulons apporter l'expérience française en terme de gestion de l'environnement. Le Chili fait face à de nombreuses menaces écologiques, forte pollution de l'air et de l'eau en milieu urbain, déforestation, érosion des sols, disparition de nombreuses espèces animales et végétales. Quelles solutions la France peut-elle apporter au Chili ? Le problème du Chili, dont le taux d'habitants au mètre carré est assez bas, c'est que Santiago est une agglomération très peuplée et qui s'est développée très rapidement au cours des dernières années. Il y a des problèmes d'infrastructures mais c'est un pays qui possède de nombreuses ressources et dont la situation écologique n'est pas tellement dégradée. Nous pouvons proposer notre expertise dans la gestion de l'eau et l'assainissement par exemple. La construction de barrages en Patagonie a été très décriée. Parmi les alternatives, il y a l'énergie nucléaire. Peut-on imaginer que la France aide le Chili à développer un programme nucléaire civil ? Oui sûrement, le Chili peut développer un tel programme. C'est un pays qui possède des institutions démocratiques et qui est stable. S'il décidait de mettre en oeuvre ce programme, nous pourrions bien entendu apporter notre aide. Mais le pays peut se concentrer sur l'hydro-électricité, les nouvelles technologies permettent de construire des barrages moins destructifs, à la fois sur le plan visuel et écologique. M.C. (www.lepetitjournal.com - Santiago) lundi 30 juin 2008 |