| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 27-06-2008 01:00
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Le moral des ménages français est à son plus bas niveau depuis 1987. Inflation, crainte du chômage, pouvoir d’achat en baisse : ce cocktail estival empoisonne l’ambiance hexagonale Le chariot des Français leur cause bien des soucis (photo AFP)
Il fait beau et très chaud en France, l’été est bien installé. Mais le soleil généreux n’a semble-t-il pas réchauffé le cœur des ménages. Le moral des Français est à -46 points en juin, selon les résultats publiés hier par l’Insee. Après douze mois de chute consécutive, l’indicateur est à son plus bas niveau depuis 21 ans. L’inflation galopante, le pouvoir d’achat en berne, la crainte du chômage et l’augmentation du pétrole et de l’alimentaire ont miné les ménages. Tous les indicateurs sont dans le rouge, ce qui laisse craindre le pire pour la consommation dans les prochains mois. Les soldes composant l’indicateur se sont tous repliés en juin. La baisse la plus importante concerne l'opinion des ménages sur les perspectives d'évolution du niveau de vie, qui a perdu 7 points à -57. La croissance a du plomb dans l’aile L’inflation a atteint 3,3% en mai sur un an, là aussi un niveau historique inégalé depuis juillet 1991. Malgré cela, la consommation avait rebondi de 2% le mois dernier. Mais elle a été surtout tirée par les ventes de voitures et de vêtements, "des postes de consommation volatils", rappelle à l’AFP Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis. Ce regain d’activité ne devrait donc être que de courte durée, d’autant que l'opportunité de faire des achats importants, indicateur le plus fiable pour calculer la consommation future des ménages, a lui aussi reculé en juin, passant de -33 à -37 points. Les ménages sont plutôt dans la crainte de "la poursuite des tensions inflationnistes et dans la faible progression des revenus", explique Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès. La baisse du pouvoir d’achat n’est plus une vue de l’esprit, mais une inquiétude concrète quand le salaire de base augmente de 3% par an face à une inflation pouvant grimper jusqu’à 3,5%. Avec ce moteur grippé qu’est la consommation des ménages, la croissance n’est pas prête de décoller. Après la défaite prématurée des Bleus à l'Euro, il ne manquerait plus que le ciel tombe sur la tête des Français cet été... Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) vendredi 27 juin 2008 En savoir plus Les Echos.fr - Réactions des économistes au moral des ménages
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