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Pour la première fois depuis 19 ans, le taux d’inflation atteint 21%. Un taux dangereux qui pourrait ralentir la croissance
Le taux d’inflation n’a pas cessé d’augmenter pour atteindre au mois de mai dernier un record de 21%, une première depuis 19 ans. A vrai dire, le même niveau avant d’entamer les négociations de réformes avec la Banque Mondiale ou le Fonds Monétaire International. Le cabinet Nazif n’a pas donc tenu ses promesses. Le Premier ministre avait à maintes reprises affirmé la possibilité de réduire de moitié le taux d’inflation. Ce dernier à ce moment (au cours des deux dernières années) s’alignait seulement entre 9 et 15% au maximum. "La réduction du taux de l’inflation est faisable. Il faut avoir confiance dans le gouvernement et dans sa politique", répétait Nazif. Les économistes, par contre, voyaient les choses d’un œil différent. « L’inflation, actuellement de 12 %, ne sera pas inférieure à 25 % l’année prochaine. L’inflation n’est en fait que le revers de la médaille d’une politique économique entamée il y a deux ans, depuis l’arrivée du gouvernement de Nazif. Son objectif principal est de relancer l’économie et d’encourager l’investissement et la croissance. Pour cela, il doit accepter une inflation élevée", avait confié Omniya Helmi, spécialiste au Centre des études économiques. Les économistes avaient donc raison Selon les derniers chiffres du Capmas, le taux d’inflation a enregistré au mois de mai une hausse de 21,1% par rapport au mois de mai dernier ainsi que le taux d’inflation dans les zones rurales a enregistré une hausse de 22,9% au cours de la même période. Le gouvernement a qualifié cette hausse de conséquence directe de la flambée de prix qui a créé la crise alimentaire dans le monde entier et de la dernière hausse des prix des produits pétroliers en Egypte le 5 mai dernier. "Justifications futiles" se révolte Hanaa Kheir Eddine, directrice exécutive du Centre Egyptien pour les Etudes Economiques (ECES). "Il est vrai que les prix des produits alimentaires sur le niveau mondial ont augmenté. Mais quand il s’agit d’une hausse double sur le marché intérieur, cela doit être inquiétant. Même chose pour les dernières hausses des dérivés pétroliers. Elles doivent vraiment engendrer une hausse des prix mais pas à ce niveau dangereux. Là, il s’agit plutôt des exercices monopolistes menés par les distributeurs et les commerçants. Le niveau d’inflation a atteint vraiment un niveau dangereux qui pourrait avoir des effets néfastes sur la croissance. Le gouvernement doit donc intervenir pour contrôler le marché intérieur et mettre fin à toute manipulation de la part des commerçants et des cartels monopolistes", explique -t-elle. Névine KAMEL (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) jeudi 26 juin 2008 |