| Ecrit par Frederic Guitton,
le 25-06-2008 01:00
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Le tant attendu rapport de la Commission Copé sur l’audiovisuel public doit être remis aujourd’hui à Nicolas Sarkozy. Réformant en profondeur le financement des chaînes publiques privées de publicité, il prévoit aussi de grands changements dans les programmes Pour compenser la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public, le rapport de la Commission Copé prévoit une taxation du chiffre d'affaires des chaînes privées et des opérateurs télécoms (photo AFP)
La question était sur toutes les lèvres : la redevance audiovisuelle augmentera-t-elle ? Oui, répond le rapport de la Commission Copé rendu aujourd’hui à Nicolas Sarkozy. S’il ne prévoit pas de hausse généralisée, il y aura tout de même une indexation sur l’inflation, qui devrait bel et bien se traduire par une augmentation de 2 à 3 euros. Mais cette somme ne pourra pas à elle seule compenser la suppression des revenus publicitaires dans l’audiovisuel public (voir notre édition). Ce sera donc aux chaînes privées et aux opérateurs télécoms, voire même aux fournisseurs Internet, de mettre la main à la poche. Le rapport suggère en effet une taxe de 0,5% sur leur chiffre d’affaires, pour atteindre un montant annuel de 450 millions d’euros. Evidemment, cette taxe n’est pas vraiment du goût des chaînes privées ni des opérateurs téléphoniques. Bertrand Méheut, PDG de Canal+ et président de l'association des chaînes privées (ACP) a appelé lundi le gouvernement à "prendre du recul par rapport aux préconisations de la commission" en insistant sur "les conséquences négatives qu'aurait une taxation des chaînes privées". Et pour ajouter du remous au débat, la Commission européenne est également intervenue hier en se disant "peu enthousiaste" à l’idée de taxer le chiffre d’affaires des opérateurs télécoms.
Pelote basque et musique classique au menu des chaînes publiques Le rapport Copé ne se limite pas à l'aspect financier des chaînes publiques, puisqu’il pointe également du doigt le contenu des programmes. La littérature, la musique classique, le théâtre ou encore l’opéra devront être davantage présents à l’écran, alors que des émissions devront dorénavant être consacrées à l’environnement, la promotion du monde associatif ou encore à l’accueil des handicapés. Les chaînes publiques devront également faire plus de place aux sports peu médiatisés comme l’équitation, le basket, la voile, le golf, mais également les sports régionaux comme la pelote basque. Et pour favoriser les productions issues de France et d’Europe, un quota de 19% d’œuvres européennes pourrait être exigé, alors que les concepts d’émissions de divertissements venus de l’étranger seraient bannis. Mais au sein des chaînes publiques, on se demande si les moyens seront à la hauteur des missions imposées. Lundi déjà, le comité d’entreprise de France Télévisions avait diffusé un message publicitaire dans la presse : "N'y a-t-il pas des problèmes plus urgents à régler quand les caisses de l'Etat sont vides ?". Les regards se tournent donc désormais vers Nicolas Sarkozy qui devrait rapidement donner ses conclusions sur le très polémique nouveau paysage audiovisuel public. Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) mercredi 25 juin 2008 En savoir plus : Les Echos - La commission enterre ses propositions les plus controversées Le Point - Le rapport Copé : innovations et impasses Le Monde - Télévision publique : "La commission Copé a manqué d'ambition culturelle et politique" Télérama - Nos 10 propositions pour la télé publique
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