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SOCIETE - La loi sur l'enfance voit le jour Version imprimable Suggérer par mail
lundi 23 juin 2008

Dans le cadre de la loi sur l’enfance, le Parlement égyptien a voté cette semaine plusieurs amendements destinés à faire  respecter les droits de l’enfant.

Après plusieurs semaines de débats houleux, le Parlement a approuvé l’interdiction des châtiments corporels, le rehaussement de l’âge du mariage à 18 ans et l’interdiction de l’excision, ou mutilations génitales féminines (MGF). L’interdiction de la mise en garde à vue des enfants de la rue a été l’un des principaux points de cette nouvelle loi. Les enfants délinquants seront  confiés à des maisons de réinsertion. « Le but de cet amendement est la protection, la rééducation et la réinsertion sociale des enfants de la rue. Ceux-ci ne doivent pas être considérés comme des criminels, mais des victimes qui ont été privées de leurs droits à l’éducation, à la santé et à l’assistance sociale », souligne Hani Hilal, directeur du Centre égyptien pour les droits de l’enfant. Dans sa forme initiale, le projet de loi visait à interdire toute sorte de violence contre les enfants, et allait jusqu’à prévoir des peines pour « non assistance à une personne en danger » dans le cas d’abus contre les enfants.

D’autre part, la clause qui fixait l’âge du mariage des filles à 18 ans a suscité les protestations au sein des députés des frères musulmans. Ces derniers ont déclaré que  l’islam n’a pas fixé d’âge minimum au mariage, mais aussi qu’une telle législation est susceptible d’encourager les familles à marier leurs filles sous seing privé, au risque de leur faire perdre leurs droits. D’autant plus que traditionnellement, surtout dans les petits villages, les filles se marient souvent à un âge plus jeune.

Concernant les mutilations génitales féminines (MGF), selon le texte, les auteurs d’ablation partielle ou totale des organes génitaux féminins risquent entre trois mois et deux ans de prison ou une amende comprise entre 1000 et 5000 L.E.  En fait,certains des frères musulmans ont appelé à l’interdiction contre ces pratiques et à punir leurs auteurs. Ils ont également souligné que les MGF n’étaient pas une recommandation du Coran, le livre sacré des musulmans. Le grand mufti de l’Egypte, Ali Goma’a, a pour exemple expliqué que « le Prophète Mohamed n’a pas excisé ses filles ». Muhammad Sayyid Tantawi, à la tête de la mosquée égyptienne al-Azhar, a pour sa part considéré que « d’un point de vue religieux, je ne trouve rien qui dit que l'excision est une nécessité pour les femmes » et ajouté que « dans l’islam, l'excision est pour les hommes seulement ».

Les députés ont expliqué que l’excision cause un mal physique et psychologique aux femmes et qu’elle constitue une agression envers elles. En fait, la nouvelle loi vient renforcer le décret de juin 2007, qui interdisait à tout personnel médical d’exciser- sous peine d’exclusion de tous les établissements rattachés au ministère de la Santé. Si la clause condamne l’excision, elle permet aux médecins d’y recourir en cas de « circonstances exceptionnelles ».

Texte et photo : Chérif CHAFIK (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) lundi 23 juin 2008

 
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