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Le Premier ministre Samak Sundaravej a fait savoir hier qu’il ne se plierait pas aux exigences des manifestants et qu’il répondrait aux critiques de ses détracteurs au Parlement. Attaqué de toutes parts ces jours-ci, Samak fera l’objet jeudi d’un vote de défiance à l’issue duquel il a laissé entendre qu’il pourrait "céder la place" L'APD - et aussi le Parti Démocrate - dénonce avant tout le fait que Samak Sundaravej dirige le pays au nom de Thaksin Shinawatra, banni de politique pour cinq ans par le tribunal Constitutionnel le 30 mai 2007 (Photo Aurélien BARBIN).
A l’occasion de son allocution hebdomadaire télévisée, hier, le Premier ministre Samak Sundaravej a promis aux manifestants qui encerclent depuis vendredi le siège du gouvernement, qu’il viendrait travailler comme d’habitude cette semaine, sans se soucier de leur présence. Jusqu’à 25.000 manifestants menés par l’Alliance du Peuple pour la Démocratie (APD) ont défié la police vendredi, forçant plusieurs barrages, pour venir se masser devant le siège du gouvernement et demander la démission du Premier Ministre. Jusque là, ils avaient campé pendant près d’un mois devant les Nations-Unies où un cordon de police les avait arrêtés dans leur premier élan le 25 mai dernier (voir notre article du 26 mai). Les premières manifestations de l’APD, début 2006, avaient été suivies quelques mois plus tard du coup d’état qui avait vu le renversement du Premier ministre Thaksin Shinawatra. Les manifestations de ces dernières semaines ont, de fait, suscité des rumeurs d’une nouvelle prise de pouvoir militaire, d’autant que l’APD est déterminée à pousser le gouvernement à la faute. Mais après quelques hésitations, il y a deux semaines, Samak a finalement pris la résolution de laisser l’APD s’essouffler plutôt que de risquer des émeutes en faisant disperser le mouvement par les forces de l’ordre. "Je suis patient car je ne veux pas d’émeutes", a affirmé Samak à la télévision. "J’éviterai toute confrontation avec l’APD, a-t-il ajouté." "En revanche, lorsque le moment sera venu et que la population me donnera le signal pour agir, j’effectuerai mon devoir”. Calmer le jeu et laisser les opposants s’essouffler Pour apaiser l’atmosphère devenue explosive la semaine dernière, le Président du Parlement, Chai Chidchob, a consenti à organiser aujourd'hui le débat de censure suivi demain et mercredi de deux motions de non-confiance demandés mercredi dernier par le Parti Démocrate contre Samak et sept autre ministres. Ces derniers feront ensuite l’objet jeudi d’un vote de non-confiance. "Quel que soit le sujet... nous pouvons débattre mardi", a indiqué Samak. Si je perds, je cède la place". Le chef des militaires, Anupong Paochinda, a conseillé vendredi à Samak de songer à une éventuelle dissolution du gouvernement pour mettre fin à la crise, plutôt qu’une démission. Selon divers analystes, le gouvernement de Samak devrait survivre sans problème à de nouvelles élections tant que la coalition de six partis reste entière. Giles Ji Ungpakorn, professeur de politique à l’université de Chulalongkorn estime quant à lui que l’APD manque encore d’un objectif décisif pour attirer davantage de monde dans les rues, tandis que les gestes du gouvernement (accepter le débat parlementaire et laisser les manifestants avancer vendredi) tendent à calmer l’opposition. Néanmoins, selon Sombat Thamrongthanyawong, recteur de l’Institut National du Développement de l’Administration, la performance de Samak lors du débat de défiance sera cruciale. "Si le gouvernement fait bien, dit-il, les tensions hors du Parlement s’apaiseront, mais sinon, elles ne feront juste qu’empirer". P.C. (www.lepetitjournal.com/bangkok.html avec AFP) lundi 23 juin 2008 |