|
SOMMET EUROPÉEN – Aucune avancée concrète |
|
|
|
mardi 24 juin 2008 |
Costas Caramanlis l’a proclamé haut et fort. Ce sommet européen qui s’est tenu fin de semaine dernière à Bruxelles devait être l’occasion d’une large réflexion sur la crise du pouvoir d’achat qui agite l’Europe depuis des mois. Mais le Premier ministre est revenu sans aucune mesure concrète à soumettre à une population grecque très fébrile sur la question
On attend, on évalue les propositions et on reporte au prochain sommet d’octobre toute décision. Voila en gros les résultats du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l’UE qui s’est tenu à Bruxelles les 19 et 20 juin dernier. Sur la question de la ratification du traité de Lisbonne tout d’abord. Le NON irlandais a brutalement freiné un processus de ratification qui semblait acquis. "Le Conseil européen a convenu qu'il fallait davantage de temps pour analyser la situation, indiquent dans leurs conclusions les chefs d'Etat et de gouvernement. [Il] s'est rallié à la suggestion de l'Irlande de revenir sur cette question lors de sa réunion du 15 octobre 2008 afin d'examiner la voie à suivre." L'Irlande est invitée à proposer, dans quatre mois, "une voie commune à suivre" au terme de "consultations actives". Son Premier ministre, Brian Cowen, a obtenu ce qu'il voulait : gagner du temps, sans s'engager à ce stade sur l'organisation d'un second vote. "Je ne peux pas dire si en fait il y aura un autre référendum sur cette question", a-t-il déclaré à l'issue du Conseil. La France, qui prendra les rênes de l'Union en juillet, va plus loin : sans traité de Lisbonne, dit Paris, plus d'élargissement possible. Une affirmation qui a le soutien de l’Allemagne mais qui choque profondément les pays membres de l'Est, qui ont à coeur de soutenir l’intégration de leurs voisins tels que la Croatie.
La question du pouvoir d'achat non résolue L'autre crise, celle de la flambée des prix du pétrole et donc de la perte de pouvoir d’achat de nombreux citoyens européens, devra aussi attendre. La Commission doit étudier toutes les propositions mises sur la table pour en atténuer l'impact, y compris l'idée d'un plafonnement de la TVA sur les carburants, défendue par la France mais très controversée. Le Premier ministre grec, Costas Caramanlis s’est montré particulièrement offensif sur cette question et a souligné le rôle dirigeant que doit jouer l'Europe pour faire face aux conséquences de la montée continue du prix du pétrole. "Les conséquences de la montée du prix du pétrole et des denrées alimentaires est un problème qui a un impact sur tous les citoyens européens, et surtout sur les petits revenus et les économies en développement," a précisé M. Caramanlis, sans manquer d'évoquer les incidences sur la croissance, l'emploi et la cohésion sociale. "Nous parlons tous de l'intégration européenne pour mieux souligner que dans la conjoncture actuelle difficile, les dirigeants de l'UE ont le devoir de mettre en relief le pilier social de l'UE. Nous devons adresser le message clair aux citoyens que le rêve de l'Europe sociale reste vivant" a assuré Costas Caramanlis.
Les autres points concernant la Grèce Le Premier ministre grec a également exposé au Conseil européen l'étendue du problème qu’engendre l'immigration clandestine en Grèce qui, en raison de sa position géographique, supporte en grande partie à elle seule le poids de l'immigration clandestine. M. Caramanlis a indiqué dans sa conférence de presse, avoir demandé l'intensification des efforts en vue de l'adoption de mesures qui décourageront l'immigration clandestine, telles que la sanction des employeurs qui embauchent des clandestins ainsi qu'un système commun de droits des travailleurs immigrés. M. Caramanlis a également indiqué avoir souligné auprès de ses homologues l'importance de développer une stratégie intégrée de gestion des frontières de l'UE, en mettant l'accent sur les pays qui font face à une forte pression, comme la Grèce ou l’Espagne. M. Caramanlis a insisté sur le fait que la Grèce juge indispensable de progresser dans la mise en place d’un service européen des frontières extérieures, et de matérialiser la proposition grecque pour la création d’une force européenne de garde-côtes pour la surveillance en commun des frontières maritimes de l’UE. La déclaration commune issue du sommet souligne à propos de l’ARYM que le maintien de relations de bon voisinage et le règlement de la question de son appellation restent les deux conditions à remplir pour que ce pays puisse adhérer aux institutions euro-atlantiques. Les partis d’opposition ont vivement critiqué l’attitude du gouvernement mais aussi celle de l’UE dans son ensemble. "Le Premier ministre rentre de Bruxelles les mains vides" a commenté le Pasok, qui demande des mesures pour faire baisser les prix. Un sommet pour rien ? A.G. (www.lepetitjournal.com/athenes.html) mardi 24 juin 2008 |