| Ecrit par LPJ Bucarest,
le 23-06-2008 00:00
|
|
Le nouveau maire de Bucarest est connu pour être un chirurgien de première classe. Sa carrière politique n’est toutefois pas aussi brillante. Il a été par deux fois le candidat malheureux du PSD à la mairie de Bucarest. Mais à 57 ans, il obtient finalement son premier mandat (Photo: balkans.courriers.info)
Au collège des médecins de Bucarest, le portrait de Sorin Oprescu est accroché sur le tableau d’affichage de l’institution, bien en vue. Même s’il ne pratique plus la médecine depuis quelques années, le "docteur" est toujours respecté par la profession. Fils d’un général de la Securitate, il bénéficie des avantages accordés à sa famille par le régime communiste et certains lui reprochent l’amitié qu’il lie avec le fils du dictateur, Nicu Ceausescu. Sorin Oprescu est toutefois un professionnel de qualité. Il devient d’ailleurs le médecin personnel de l’ancien président de Roumanie, Ion Iliescu. Pendant plus de dix ans, il dirige deux grands hôpitaux universitaires de la capitale (Militaire et Elias). Mais il est finalement démis de ses fonctions en 2005 par le ministre de la Santé, Eugen Nicolaescu, qui lui reproche une mauvaise gestion. Docteur Oprescu laisse en effet les deux établissements dans une situation financière déplorable. Colérique et excentrique, le personnage sait toutefois rester disponible et attentif avec son entourage, une qualité que lui reconnaissent ses patients. Un docteur tout terrain Sorin Oprescu a toujours été proche du milieu politique, plus précisément du Parti Social Démocrate (PSD), où il prend sa carte au début des années 1990. Mais c’est en 1998 qu’il débute réellement sa carrière en se portant candidat à la mairie de Bucarest. Il ne passera pas le 1er tour. Deux ans plus tard, il réitère l’expérience, toujours sous les couleurs du PSD, mais est battu au second tour par un certain Traian Basescu. Cette même année, il obtient un siège au Sénat. Son activité à la Chambre des députés n’est pourtant pas sa priorité. En 2007, il est l’un des sénateurs qui manque le plus de séances. Il faut dire qu’il cumule à l’époque plusieurs postes à haute responsabilité. Une situation qui lui vaudra une déclaration acide de la part du Premier ministre Calin Popescu Tariceanu : "Même Dieu ne peut pas être professeur universitaire, sénateur, doyen, recteur et directeur d’hôpital en même temps." Favori pour devenir le candidat de son parti à la mairie de Bucarest lors des dernières élections, il est écarté au dernier moment au profit de Cristian Diaconescu. Sorin Oprescu décide alors de se présenter comme indépendant et sa campagne débute par un scandale autour des signatures de soutien qu’il récolte. Le Bureau Central Electoral va dans un premier temps refuser sa candidature, mais la pugnacité du docteur va payer et il réussit finalement à être admis dans la course. La suite, on la connaît. Il devient le premier maire de Bucarest indépendant de la Roumanie post-communiste en obtenant au deuxième tour plus de 56% des voix face au candidat du Parti Démocrate Libéral (PD-L), Vasile Blaga. Jonas Mercier. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) lundi 23 juin 2008
|