| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 23-06-2008 00:00
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Grand voyageur, Jean-Christophe Rufin va devoir poser ses bagages Quai Conti. Le romancier bardé de prix vient d'être élu à l'Académie française à seulement 55 ans. Cet ancien médecin est aussi l’ambassadeur de France à Dakar depuis 2007 Jean-Christophe Rufin sur la terrasse de son bureau à l'ambassade de France à Dakar (photo AFP)
Après Jean-Loup Dabadie en avril, l’Académie française s’offre une nouvelle cure de jouvence en la personne de Jean-Christophe Rufin. A seulement 55 ans - 56 à la fin du mois - le romancier a été élu jeudi pour prendre place sur le fauteuil qu’occupait Henri Troyat. Il n’a pas à rougir de son illustre prédécesseur, bien au contraire. Jean-Christophe Rufin doit même faire des envieux tant son œuvre a remporté à la fois l'adhésion du public et l’estime des critiques. Dès ses débuts en 1997, il reçoit le Goncourt du premier roman pour L'Abyssin - 300.000 exemplaires vendus. Le deuxième, Les causes perdues, est couronné de l’Interallié en 1999. Le troisième Rouge Brésil, boucle la boucle, primé par le Goncourt 2001. Basé sur l’histoire de la conquête du Brésil par les Français à travers le regard de deux enfants embarqués aux côtés du chevalier de Villegagnon, Rouge Brésil illustre ce qui anime Rufin dans la vie : la découverte de l'autre. Académicien au long cours Roman d’aventure à la fois épique et initiatique, ce Goncourt rappelle que son auteur est un grand voyageur. Né le 28 juin 1952 à Bourges, l’ancien neurologue et psychiatre a mis à profit sa formation et son goût pour les nouveaux horizons pour se lancer dans l’humanitaire. En 1976, sa première expérience en Ethiopie l'a laissé sous le choc. Il a été tour à tour Directeur médical de Action contre la faim de 1983 à 1985, puis vice-président de Médecins sans frontières en 1991. De ses voyages en Afrique, Asie et Amérique du Sud - où il a été notamment attaché culturel au Brésil entre 1989 et 1990, Rufin a tiré Le piège humanitaire, un essai bien avant ses romans. Le nouvel académicien y décrit en 1986 les risques d’une récupération politique de l’humanitaire. Jamais rassasié, Rufin a également fait un tour au ministère de la Défense, dans le cabinet de Léotard (1993-1995), où des missions l’ont conduit en Bosnie et au Rwanda. Ce n’est donc pas un hasard si Bernard Kouchner lui a confié en août 2007 le poste d’ambassadeur de France au Sénégal. Ce diplomate érudit va devoir s’organiser entre ses manuscrits, son fauteuil à Dakar et celui du Quai Conti. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) lundi 23 juin 2008 Son autobiographie est sortie au début de l’année, Un léopard sur le garrot, chez Gallimard, 280 p., 19 € En savoir plus Le Figaro - Rufin, si peu académique Le Nouvel Obs - Jean-Christophe Rufin entre sous la Coupole France-Info - Interview audio de Jean-Christophe Rufin
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