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Entre les paraboles et les décombres, ils y vivent et même avec leurs bêtes. Les habitants des toits d’immeubles ne trouvent pas d’autres endroits. Dans les cimetières, dans les tombes, ils s’entassent. Les occupants de la Cité des Morts du Caire vivent dans la misère Ils vivent parmi les morts Juste en face de Bab El-Nasr, près du quartier de Gamaleya, des milliers des petites maisonnettes existent. "El-Arafa", c’est le nom de cette zone, ou on rend visite aux morts, surtout chaque vendredi. C’est là où les corps sont enterrés mais aussi où des centaines voire des milliers de familles vivent dans la misère totale. Vêtue de noir, elle est assise sur un banc en bois à côté de son époux à l’extérieur. Pas d’espace à l’intérieur, pas de lumière. Rien. Cet endroit sert seulement à dormir le soir. Elle accueille les passants avec une hospitalité sans égale. Elle ne les connaît pas, mais elle les invite à boire un "Shay", un thé, et à discuter. Oum Mahmoud explique : "La famille du défunt nous héberge gentiment, elle est au courant que si on sort d’ici, on dormira dans les rues." L’époux d’Oum Mahmoud est vieux. Il est un "Torabi", croque-mort. Il n’a pas de revenus fixes, mais les bienfaiteurs qui frappent à leur porte viennent surtout au mois de Ramadan. Le fils d’Oum Mahmoud est jeune. Il veut se marier, mais sa future épouse n’a pas de place dans cette petite pièce. Donc, pas de mariage. La fille d’Oum Mahmoud a arrêté d’aller à l’école, faute de moyens. Elle s’occupe du ménage le matin, aide ses parents et reste à côté d’eux sur le même banc le soir. Oum Mahmoud a des problèmes cardiaques, mais ne peut pas s’acheter de médicaments car ils coûtent très chers, par contre elle dit : "Moi, El-hamdoula, ma situation est meilleure que beaucoup d’autres". Et elle poursuit, "Mais je n’ai qu’une seule question : il est où notre Président ? il nous abandonne complètement dans ces conditions misérables."
Une réalité amère Effectivement, "El-Arafa", n’est pas le seul quartier où vivent morts et vivants ensemble. Il suffit de prêter attention en allant à Héliopolis. Une vaste "Cité des Morts" longe tout le trajet. De loin, on ne voit que de petites maisonnettes où les morts sont enterrés. Mais, concrètement, les vivants y sont aussi. Un des plus anciens cimetières du Caire qui n’a cessé de s’étendre depuis les Fatimides, la cité regroupe de plus en plus de gens compte tenu de la pression démographique. De même, les plus démunis et les migrants de la campagne y trouvent refuge. Illégalement installés, ils savent très bien que le gouvernement ne peut que faire mine de les ignorer, pour le simple fait qu’il ne serait pas capable de régler le problème de logement de plus de 2 millions d’habitants des cimetières. Sur les toits, ou dans les tombeaux. Il semble que trouver un appartement entre les deux, restera un rêve pour les familles pauvres du Caire. En revanche, selon El-Ahram Hebdo, une étude effectuée par l’urbaniste Abou-Zeid Ragueh, démontre que "Face au changement de politique de l’Etat, la privatisation et le marché libre, le coût des logements dépasse le pouvoir d’achat des couches défavorisées et moyennes. Puisque, le nombre de logements proposés sur le marché égyptien atteint environ 12 millions, alors qu’il suffit de 9 millions pour mettre fin à la crise !" Texte et photo Nora Dardir (www.lepetitjournal.com - Le Caire-Alexandrie) jeudi 26 juin 2008 |