| Ecrit par Adeline Bourg,
le 20-06-2008 01:00
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Tournoi de basket féminin interdit aux hommes, piscine réservée aux femmes, menus sans porc à la cantine… La polémique sur l’impact des religions en France enfle. Et le modèle d’intégration à la française prend un coup dans l’aile "Réservée aux femmes exclusivement", l’inscription de l’affiche annonçant le tournoi sportif de Vigneux, petite ville de l’Essonne est sans équivoque : interdit aux hommes ! L’affaire aurait pu passer inaperçue, et le tournoi avoir lieu. Mais en moins de 48h, l’histoire a pris une ampleur nationale, créant un tollé dans le camp de l’opposition et de plusieurs associations. Du coup, le tournoi organisé par les Sœurs de la mosquée de Vigneux et dont les fonds devaient être reversés à la cause palestinienne, a été tout simplement annulé. Penaud, le maire UMP de la ville, Serge Poinsoit a déclaré ne pas avoir su lorsqu’il a donné son accord pour le prêt du gymnase, que ce tournoi serait réservé aux femmes. L’opposition socialiste n’a quant à elle pas loupé son adversaire, parlant de mesures contraires à la laïcité. Cette affaire locale s’ajoute aux nombreuses autres recensées depuis quelque temps en France. A La Verpillière en Isère, le maire sans étiquette politique, a réservé une tranche horaire d’ouverture de la piscine municipale exclusivement pour les femmes. Là aussi, la non mixité de ce lieu public a déclenché de vifs mécontentements. L’affaire doit être débattue en conseil municipal le 26 juin. A Lyon, des menus sans porc vont être inaugurés dans les écoles publiques à la rentrée, et l’autorisation pour les enfants juifs de louper l’école le jour de Shabbat est à l’étude, provoquant une fois de plus la colère des partisans de la laïcité. Débat sur la laïcité relancé Avec les différentes affaires sur le port du voile, le débat sur le mode d’intégration à la française n’en finissait pas. Avec ces nouvelles affaires de non mixité, il est exacerbé. Le chef de file des pro-laïcs est l’association Ni putes ni soumises. La présidente Sihem Habchi ne mâche pas ses mots dans Le Parisien : "On est en plein délire ! Nos élus sont en train de favoriser le communautarisme. On organise la ségrégation des sexes". Car ce sont en effet les maires des petites et moyennes communes qui sont le plus embarrassés par ce problème. Assaillis par des demandes toujours plus importantes de différentes associations œcuméniques, les élus sont enclins à répondre à leurs sollicitations. Ils se retrouvent pris entre la loi sur la laïcité et les attentes de leurs électeurs. Côté organisation religieuse, le ton est à l’apaisement. Loin de la polémique, Khalil Merroun, fondateur et recteur de la mosquée d’Evry-Courcouronnes estime que la France donne trop d’importance à ces sujets. "A Vigneux, il s’agit d’un match privé. C’est bien que les femmes musulmanes fassent du sport. En revanche, si on ne voit rien de leur corps et si elles jouent correctement habillées, en survêtement, je suis en faveur de la mixité". Adeline BOURG. (www.lepetitjournal.com) vendredi 20 juin 2008 En savoir plus Libération - Polémique sur une piscine et un gymnase réservés aux hommes Le Parisien - Pour : Marek Halter "Les communautés constituent un enrichissement" Le Parisien - Contre : Caroline Fourest "L’interdiction de mixité n’est pas admissible dans ce cas"
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