| Ecrit par Alexandra Beugnet,
le 19-06-2008 00:00
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Amnistie Internationale a rendu son rapport 2008 sur les Droits de l’Homme. Au Mexique, malgré les lois et les réformes récentes, la violence contre les femmes reste généralisée et presque toujours impunie 
Campagne de publicité contre l’abus sexuel de l'Institut National des Femmes
Le 8 mars 2008, le Mexique a fêté la Journée Internationale de la Femme. Cette célébration a été d’autant plus importante que le Président Felipe Calderón a annoncé la mise en route du Programme National d’Egalité entre les Hommes et les Femmes, et qu’il a signé le Règlement pour l’accès des femmes à une Vie Libre de Violence. Ce règlement précise les mesures à prendre pour prévenir, sanctionner et éradiquer la violence contre les femmes. Le Programme d’Egalité se propose d’assurer que tout le monde bénéficie équitablement des services et du soutien du gouvernement fédéral. L’égalité juridique, les droits de l’homme et la lutte contre la discrimination en sont les mots-clés. Le Président s’est dit conscient des problèmes que les femmes affrontent constamment dans leurs vies privée et publique. Il a parlé des victoires de son gouvernement mais a également averti que la discrimination et la violence disparaîtront au prix d’un changement "des mentalités, des pratiques et des normes bien enracinées dans [la] culture [mexicaine]."
Violence à tous les niveaux Amnistie l’a relevé : les réformes de cette année sont un premier pas vers une nation sans discrimination, mais il semble que le plus difficile reste à faire. Car loin d’avoir diminué, la violence contre les femmes au Mexique a augmenté de 30% ces 17 dernières années, "malgré de meilleures lois, un meilleur niveau d’éducation et une reconnaissance publique", a précisé Patricia Patiño, directrice d’Egalité et Diversité Sociales du Secrétariat au Développement Social. Selon l’organisme ENRIDEH, 67% des femmes de 15 ans et plus ont été victimes de violence de la part de leur partenaire, au sein de leur famille, au travail ou à l’école. Le manque de dénonciation, par peur ou par manque de confiance dans la justice, est un des problèmes majeurs. La discrimination contre les femmes se voit d’ailleurs à tous les niveaux de la société : dans l’éducation, le travail, dans la vie publique et politique. Cette situation est exacerbée dans les zones rurales : ainsi l’exemple d’Eufrozina Cruz Mendoza, femme indigène qui s’était présentée aux municipales de Santa María Quiegolani dans l’Etat d’Oaxaca. Elle a été menacée et maltraitée par les hommes de son village, sa candidature terminant littéralement à la poubelle. L’impunité qui règne dans le pays est probablement l’une des premières causes de cette situation. Dans le domaine de la justice, le sexisme règne encore trop souvent. Les assassinats, qualifiés de "féminicides", atteignent des records et les investigations font chou blanc. Le cas Atenco cristallise cette situation : en mai 2006, des agents de police ont torturé, violé et maltraité 26 femmes. Personne n’a été arrêté. Le changement des mentalités dont a parlé le Président est encore loin, si même dans ses propres rangs il n’a pas encore été amorcé. Alexandra BEUGNET. (www.lepetitjournal.com - Mexico) jeudi 19 juin 2008
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