Dimanche, 12 Février 2012
Pily Wong, directeur exécutif d’une société cambodgienne, Hung Hiep Co., Ltd, est ambitieux et amoureux de son pays natal. Son passé est douloureusement partagé entre la France et le Cambodge, tout comme beaucoup de Cambodgiens qui ont du fuir leur pays durant la période révolutionnaire

Pily Wong, entrepreneur de l'avenir... (Crédit: P.W.)


Son aspiration entrepreneuriale, c’est tout d’abord une histoire de famille. La société familiale, dirigée aujourd’hui par son père et pour laquelle il agit en tant que directeur exécutif, a été créée dans les années 50 au Cambodge. Fondée par son grand-père, l’entreprise Hung Hiep Co., Ltd, exportatrice de produits agricoles et distributrice de Mercedes Benz, Opel, Chrysler et General Motors prospère avant la période révolutionnaire des Khmers Rouges, vendant près de 400 véhicules par an. Lorsque le régime de Pol Pot éclate, sa famille est forcée de fuir et trouve refuge en France. Une période critique durant laquelle il faut tout reconstruire dans un pays qui n’est pas le sien. Pily Wong effectue la totalité de ses études en France : un bac scientifique suivi d’une école de commerce (INALCO) avec une spécialisation en commerce international. Abandonnant l’envie de devenir programmeur de jeux vidéo et sur les conseils avisés de son père, il se prédestine déjà à suivre la voie familiale. Après les accords de paix des années 90, sa famille retourne en effet au Cambodge pour reprendre la représentation de Mercedes Benz et le développement soudain de ce pays l’incite à rejoindre les siens.

Une expérience professionnelle singulière et enrichissante
Bénéficiant d’une collaboration avec les grands noms de l’industrie, telle l’entreprise automobile Mercedes Benz, Pily Wong a su optimiser toutes les opportunités de formations offertes par ces grandes compagnies. Nommé désormais à la tête du programme de développement du marché de Microsoft au Cambodge, il est passionné par les savoirs détenus par le géant de l’informatique. Il précise même "passer des nuits entières sur des formations en ligne ". Poussé par le désir d‘apprendre, cet homme d’affaire, toujours pris entre deux rendez-vous, s’imaginait "mener une vie tranquille et confortable en France jusqu’à la fin de ses jours !" Ironie du sort peut-être, prédestination sans aucun doute, il gère désormais un emploi du temps partagé entre deux "industries de rêves ", ses deux passions – l’informatique et l’automobile. Installé depuis 5 ans au Cambodge, il en reconnaît tout le potentiel économique et juge l’avenir du pays comme rempli d’espoirs et d’opportunités. "Je ne pense pas que j’aurais pu connaître un tel développement de carrière en France ", ajoute-t-il, conforté dans ses choix.
Fanette GUICHARD. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) vendredi 20 Juin 2008