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Appelés à s’exprimer sur le futur de l’Europe, les Irlandais ont majoritairement rejeté le traité de Lisbonne. Le sommet de Bruxelles qui doit débuter aujourd'hui devrait éclaircir un avenir jusque là assez sombre 
Dépouillement des bulletins de vote (photo AFP)"Nil" c’est "Nil". Jeudi dernier, 53,4% des Irlandais ont voté "non" à la ratification du traité de Lisbonne qui devait entrer en vigueur le 1er janvier prochain. Seul pays des 27 à avoir organisé un référendum, l’Irlande replonge l’Union européenne dans l’incertitude. Car si 18 états ont déjà ratifié ce traité simplifié, l’unanimité est obligatoire pour qu’il devienne effectif. Ainsi, le Premier ministre irlandais Brian Cowen a reconnu sans mal son "immense déception" tandis que le chef d’Etat français Nicolas Sarkozy, qui prendra la présidence de l’UE au 1er juillet, a avoué que ce rejet constituait "une difficulté de plus" pour une union qui n’avait pas besoin de ça. Car aucun Plan B, même si les derniers sondages semblaient donner le "non" en tête, n’était prévu. Dans les autres pays, qui avaient tous opté pour la ratification parlementaire, l’avenir s’organise. Ainsi, l’Angleterre a d’ores et déjà annoncé qu’elle approuverait le traité portugais et le reste des Etats membres qui ne se sont pas encore prononcés voteront eux aussi pour le Oui. Le destin de l’Europe s’éclaircira sans aucun doute lors du sommet de Bruxelles, qui se tient aujourd'hui et demain, où il faudra réfléchir à comment prendre en compte le "non" irlandais tout en ne bloquant pas l’avenir européen. Ce qui est sûr, c’est qu’au 1er janvier 2009, ce sera le traité de Nice qui sera encore en vigueur. Les Irlandais coutumiers du fait En 2001 déjà, l’Irlande, européenne depuis 35 ans, avait voté "non" pour la mise en place du traité de Nice. Un an plus tard, l’UE avait obligé l’île à retourner aux urnes et cette fois, le "oui" s’était imposé. En contre partie, la neutralité militaire du pays avait été garantie par le texte. Mais depuis Nice, les Irlandais ont perdu confiance en l’UE et si un nouveau vote était organisé, le "non" risquerait de l’emporter une nouvelle fois. Deuxième solution, le traité de Lisbonne peut être modifié, pour une énième mouture qui devra satisfaire tous les autres Etats membres, ce qui n’est pas aisé à obtenir… Enfin, l’Irlande peut imiter son voisin danois : en septembre 2000, une large majorité d’habitants a rejeté le passage à l’euro, sensée être la monnaie unique de l’Union européenne. Le Danemark a conservé ses Krone et les volontaires sont passés à l’euro. Compromis semble bien être le mot à la mode dans cette union divisée. Marie VARNIEU. (www.lepetitjournal.com) jeudi 19 juin 2008 En savoir plus Le Progrès - "Non" irlandais : l’Europe veut aller de l’avant Le Figaro - Les soncialistes évitent de polémiquer entre eux Le Monde - Le non irlandais complique la présidence française de l’Europe |