| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 18-06-2008 01:00
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Plus que tout autre sélectionneur, Raymond Domenech a souvent été en première ligne face aux critiques. Mais quand il s’agit de se défendre ou rendre la pareille aux journalistes, l’homme ne mâche pas ses mots. L’élimination de la France hier ne va rien arranger alors que sa tête est réclamée par une bonne partie de l'opinion Tout le poids des responsabilités sur les épaules de Raymond Domenech (photo AFP)
C’est un classique : lorsqu’une équipe gagne, tout le monde salue le génie du sélectionneur. Mais quand elle perd, c’est entièrement de sa faute. Tel un patron d’entreprise, c’est à lui d’assumer les victoires comme les échecs. Avec en plus l’élimination de l’équipe de France hier face à l’Italie (Voir notre article), Raymond Domenech n’a pas échappé à ce traitement. Cela dure depuis sa prise de fonction en 2004. Et encore plus que Roger Lemerre ou Aimé Jacquet en leur temps, l’entraîneur à la tignasse blanche et aux sourcils broussailleux subit les critiques de médias déchaînés. Tancé pour sa supposée paranoïa qui le pousse à annoncer ses choix tactiques -contestés- au dernier moment, moqué parce qu’il se passionne pour les astres, Domenech n’est clairement pas apprécié par les journalistes. L’inverse est tout aussi vrai. Il a même du mal à le dissimuler durant les interviews et les conférences de presse. Un air agacé et un ton persifleur le trahissent souvent. Face-à-face Ses entretiens avec les médias s’apparentent à des duels très tendus, pendant lesquels le but est de dégainer la réplique la plus assassine pour avoir le dernier mot. Lors d’une conférence de presse hier avant la rencontre, un journaliste lui avait demandé s’il pensait que c’était son dernier match. Réponse de l’intéressé : "Je vous ai déjà dit que cela m’importait peu. Moi, je ne vous demande pas si c’est votre dernière conférence de presse." L’humour, pince-sans-rire de préférence n’est jamais bien loin. Domenech s’est même montré plus badin qu’à l’accoutumée ces derniers jours. Il s’est débarrassé de son traditionnel et cynique "vous n’avez pas de questions ? Tant mieux ça m’arrange", en ouverture de conférence de presse. Sur son éventuelle superstition quant à jouer un vendredi 13 pour la rencontre Pays-Bas/France, il s’est exclamé : "Je ne suis pas superstitieux, ça porte malheur !". En affichant cette décontraction et moins de hargne, Domenech semblait presque se détacher de l’enjeu, comme s’il anticipait l’élimination… Se faisait-il plus petit, moins provocant, pour passer à travers l’orage médiatique qui l’attend après cet échec ? Déjà hier à l'évocation de sa démission, le sélectionneur s'est fendu d'un "no comment", en bottant en touche par une demande en mariage à sa compagne Estelle Denis, animatrice montante sur M6. Sous contrat avec la Fédération française de football jusqu’en 2010, il bénéficie de son soutien. Il n’apparaît donc pas menacé pour l’heure…jusqu’au prochain raté. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 18 juin 2008 En savoir plus Les Cahiers du football - Domenech suit les consignes Le Nouvelliste - Emmanuel Petit : "Le problème de la France c’est Domenech" Le Parisien - Domenech : "Un seul projet, épouser Estelle"
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