| Ecrit par Frédéric Guitton,
le 18-06-2008 01:00
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Alors que des manifestations se tenaient hier pour défendre les 35 heures, le projet de loi sur la flexibilité du temps de travail doit être adopté aujourd’hui en Conseil des Ministres. Retour sur les détails de ce texte qui déchaîne les passions La grogne se poursuit dans les rues de l’Hexagone. Hier, le principal mot d’ordre était la défense des 35 heures. A la veille de l’adoption d’un texte sur l’assouplissement de la durée légale de travail, la CGT et la CFDT avaient appelé à la mobilisation. Le projet de loi du gouvernement prévoit que les entreprises puissent désormais négocier individuellement la durée de travail des salariés, ce qui indigne les syndicats. Pourtant, tout semblait bien parti en avril. Réunis pour négocier les 35 heures et la représentativité syndicale, le Medef et les syndicats s’étaient accordés sur une "position commune". Leur proposition visait à rendre possible la négociation du contingent d’heures, mais uniquement avec un accord syndical majoritaire et "à titre expérimental". "Trop flou" a jugé le Premier ministre François Fillon, qui a aussitôt remanié le texte pour permettre à chaque entreprise d’assouplir individuellement le temps de travail de ses salariés. Un passage en force qui déplaît jusqu’au Medef Le projet de loi du gouvernement conserve les 35 heures en tant que durée légale du travail hebdomadaire, et comme seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Mais les entreprises pourront désormais elles-mêmes négocier le temps de travail avec les syndicats représentant au moins 30% du personnel. Seule limite, la durée de travail ne pourra dépasser les 48 heures hebdomadaires et les 10 heures par jour. Mais les organisations syndicales craignent qu’il soit impossible de créer un rapport de force favorable aux employés au sein même de l’entreprise. "En faisant sauter les garde-fous contenus dans les accords de branche, c'est la loi de la jungle qui va s'installer" prévient Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT. L’autre crainte réside dans le tarif des heures supplémentaires, qui pourrait également être négocié au sein de chaque établissement. Du côté du Medef, Laurence Parisot approuve le projet de loi mais déplore le passage en force du texte qui "casse ce nouvel élan très sain pour la pacification et la construction sociale en France". Pourtant, le gouvernement ne compte pas reculer sur ce sujet et espère bien, avec ce texte, sonner définitivement le glas des 35 heures. Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) mercredi 18 juin 2008 En savoir plus LCI - Mobilisation en berne pour les retraites et les 35 heures France Info - À quelle sauce les 35 heures vont-elles être mangées ? Libération - 35 heures, un an de manœuvres
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