Hier un euro valait 5700 Riels (=) et 1,36 US Dollar (=) Vous êtes 3.931 abonnés au Royaume du Cambodge et 143.994 dans le monde, okunh !Belles éclaircies, averses modérées (24/31Co)
Christine vous invite au voyage dans sa caverne d'Ali Baba, à la découverte d'un véritable trésor de parures en tout genre. Créée à Phnom Penh, sa boutique Water Lily abrite désormais un véritable atelier d'artistes.
Curieuse et proche de la nature, Christine Gauthier présente ici la "Marre aux Nénuphars" (Crédit: F.G.-LPJ)
C’est à la fin des années 80 que Christine Gauthier effectue son premier voyage au royaume des Khmers pour se rendre dans des camps de réfugiés. Une dizaine d’années plus tard, elle revient au Cambodge, accompagnée de ses trois jeunes fils et de leur père. Elle décide de rester dans ce pays attirant et découvre une nature différente et magique. Elle commence alors à créer des œuvres en perles représentant ce monde extraordinaire. Le " coucher de soleil " et la " marre de nénuphars* " (*à l’origine du nom de sa boutique) sont ses premières créations. Puis, un pur hasard la conduit à ouvrir une boutique à Phnom Penh, rue 240, à la suite d’une rencontre avec l’ancien propriétaire. Elle poursuit alors sa création et commence à utiliser divers matériaux. Important ses perles de République Tchèque, d’Inde, de Chine et de France, elle essaye aussi de mettre à profit les ressources du pays. En 1999, elle lance une collection de sacs faits de sacs de riz usagers. Elle puise également dès que possible dans la nature, utilisant différentes graines. Elle crée aujourd’hui sur mesure et à la demande lors d’occasions spéciales comme pour des mariages. Elle propose aussi, sur demande spontanée, de mettre en place de petits ateliers pour enfants et ateliers pour femmes, en dehors de sa boutique, afin de faire partager ses compétences artistiques et manuelles. Chaque année, et ce depuis trois ans, elle organise " pour le plaisir " un défilé de mode présentant ses collections.
Soutenir le développement local Son atelier ne lui sert pas seulement à créer et à vendre, Christine est une femme généreuse qui s’investit autant que possible avec la communauté locale. Elle emploie, depuis un an, trois femmes cambodgiennes qui l’aident en matière de production, création et vente. Quatre couturières khmères travaillent aussi avec elle pour créer et fabriquer les sacs. Elle en profite pour leur apprendre à travailler avec les couleurs, à développer leur imagination et leur capacité à créer. Après avoir découvert un village de femme en province, elle a décidé de mettre à profit ses compétences et son commerce. Elle aide ainsi 14 femmes de ce village qui fabriquent des poupées et divers jeux pour enfants, à l’aide de produits recyclés, qu’elle vend dans sa boutique. Elles estiment ensemble le coût du travail et Christine les rémunère à la pièce. Ce projet aide, d’une part le village à se développer économiquement, et d’autre part apporte à ces femmes une ouverture manuelle et créative, laissant parler leur imagination.
Des projets plein la tête Sur un plan commercial, elle aspire à exporter outre-mer pour explorer de nouveaux marchés : en Asie (Japon), aux Etats-Unis, en Europe (France, …). Avec une boutique qui prospère au Cambodge, elle souhaite ainsi continuer à développer Water Lily. Dans un domaine plus communautaire, elle projette de former davantage de jeunes filles khmères aux métiers de la bijouterie, le problème résidant dans la nécessité d’importer les perles. Elle prône en effet les besoins culturels telle la liberté d’épanouissement dans le travail au Cambodge. Mais elle reste consciente des différences sociologiques et garde en tête le risque que ces femmes formées ne la quittent pour un travail mieux rémunéré. Humble et respectueuse de la culture khmère, Christine a trouvé sa place et sa mission dans ce pays en perpétuelle mutation. N’hésitez pas à venir la rencontrer dans sa boutique pour découvrir son univers scintillant! Fanette GUICHARD. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) mercredi 18 juin 2008