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ECO - Un français contribue à l’éveil écologique de l’Argentine |
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mardi 17 juin 2008 |
Olivier Habenneau était attaché commercial à la mission économique. Cinq ans plus tard le jeune ingénieur décide de lancer son entreprise Latineco2, invitant les sociétés émettrices de gaz à effets de serre recherchant des projets écologiques à investir en Argentine
Pollution sur le Rio de La Plata (photo-gratis.com)D’un côté des sociétés polluantes, en Europe, détentrices de technologie. De l’autre, des entreprises argentines, polluantes, désirant se développer. Entre les deux, la jeune société d’Olivier Habenneau, Latineco2, installée à Buenos Aires. L’activité mise sur pied, en 2006, par ce jeune ingénieur français consiste à identifier des projets argentins ayant un potentiel de réduction des gaz à effets de serre afin de les mettre en relation avec des sociétés françaises qui disposent des équipements susceptibles de permettre la réduction des émissions. "Mon travail s’inscrit dans le cadre du protocole de Kyoto", nous explique-t-il, avec son accent chantant du sud-ouest, qui donne de la légèreté aux sujets les plus techniques … En effet, lors de la négociation de l’accord de Kyoto, les pays industrialisés (OCDE et Europe de l’Est) se sont engagés à réduire de 5,2% leurs émissions des principaux Gaz à Effets de Serre entre 2008 et 2012. Les entreprises sont pleinement investies dans cet objectif. Ou elles réduisent leurs émissions dans leur pays d’origine où elles investissent à l’étranger. Elles peuvent ainsi utiliser le mécanisme dit de Développement Propre. "Il permet aux pays industrialisés de financer des projets permettant d’éviter l’émission de GES dans les Pays en Développement et, d'obtenir à ce titre des crédits d'émissions reprend Olivier Habenneau. Ces crédits prennent la forme de Bons et sont échangeables sur le marché international".
Argentine: du potentiel... Aujourd’hui, Latinéco2 emploie deux personnes. Selon Olivier, "le marché argentin possède un énorme potentiel compte tenu des nombreux secteurs où il est possible d’améliorer l’efficacité énergétique". Il cite, par exemple, l’industrie sucrière (avec l’utilisation des déchets de la canne à sucre pour produire de l’énergie), les frigorifiques (récupération du méthane issu des effluents de l’abattoir pour produire de l’électricité) ou encore les centres de stockages des déchets (utilisation du méthane issu de la décomposition pour produire de l’énergie). Pour l’instant, la société d’Olivier est en pleine phase de développement : "nous avons répondu à de nombreux appels d’offres et certaines propositions sont en cours de négociation". De nombreuses sociétés, dont des sociétés françaises, montrent un vif intérêt. "Cependant, compte tenu des montants en jeux (supérieurs pour la plupart à 50 M de USD) et de la complexité des investissements à réaliser, les décisions prennent du temps". Ainsi, il espère voir se concrétiser deux projets durant le second semestre 2008. Le développement de son activité en Argentine correspond également à une volonté stratégique : "aujourd’hui, la concurrence n’est pas encore trop importante, seules deux sociétés d’origine anglo-saxonnes sont présentes depuis 3 ans et à peine 15 projets ont été approuvés par les Nations Unies".
Et du retard L’Argentine accumule un certain retard alors que le Brésil a déjà enregistré 125 projets. "Le manque de conscience écologique et d’incitation publique rend la tâche difficile en Argentine" évalue Olivier. Le chef d’entreprise a été amené à se diversifier : il propose également des bilans carbones. Il évalue ainsi les émissions générées par les sociétés et trouve des solutions pour les réduire. Il a aussi lancé une activité de conseil en communication sur le développement durable et des introductions sur le marché des compensations (dons des particuliers ou des entreprises pour compenser leurs émissions de CO2- lorsque l’on prend l’avion par exemple) "En Argentine, les perspectives sont très favorables, explique-t-il. La conscience environnementale s’est accrue suite aux conflits sur les papeteries, la crise énergétique est bien présente et les nouvelles règlementations favorisent davantage les investissements. Mais le décollage du secteur reste conditionné par le contexte socio économique actuel de l’Argentine"… Olivier DONCKER. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mardi 17 juin 2008 |