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La famille égyptienne vit actuellement une souffrance accrue. Les prix des produits de première nécessité tels que le pain, l’huile, le riz, le sucre, et la nourriture populaire comme le foul et les lentilles ont dépassé toutes les limites 
Face à la hausse des prix de la nourriture, les supermarchés egyptiens sont quasiment dépeuplés (photo LPJ)L’augmentation de 30% des salaires annoncée début mai par le Président Moubarak fût suivie le lendemain même par une nouvelle montée des prix. L’Egypte va t-elle vers une famine, ou se retournera-t-elle vers la "société d’un demi pour cent" ? Le rapport 2007 annuel du PNUD mentionne un taux de pauvreté avéré, notamment en Haute-Egypte, à Fayoum, et aux bidonvilles du Caire : 19,6% de la population vivent avec moins d’un dollar par jour. Il souligne l’inégalité des taux de pauvreté entre les différents gouvernorats du pays. La haute Egypte représente 65% des défavorisés dont beaucoup vivent au dessous du seuil de pauvreté. Ce rapport prédit une explosion en 2015. Il y a 56 ans, avant la révolution, l’élite égyptienne s’intitulait "la société d’un demi pour cent", vu que ce petit pourcentage de la population possédait toute les fortunes du pays. Ahmed Ezz, Talaat Moustafa et Naguib Sawiras, seront-ils les Pachas de notre époque ? Jusqu’où irons-nous ? La tonne de fer pour les constructions est vendue 2,5 fois plus cher que chez nos voisins ; en conséquence les prix des logements sont devenus inabordables. Les premiers effets Depuis plus de six mois, la situation économique ne cesse de s’aggraver, les familles égyptiennes souffrent, entre les frais d’enseignement, notamment les leçons particulières, et les frais universitaires, le chômage des jeunes diplômés, et maintenant plus grave que les précédents, le problème alimentaire. Une brusque envolée des aliments indispensables crée une situation qui menace de provoquer des désordres sociaux comparables aux sanglantes émeutes qui avaient embrasé le Caire et la plupart des villes egyptiennes en janvier 1977 quand Sadate, sur les recommandations du FMI, avait augmenté les prix des produits de première nécessité. A leur tour, les échoppes souffrent d’une énorme récession. Quelles que soient leurs marchandises, les clients s’abstiennent, les supermarchés sont quasiment dépeuplés, pour les autres commerces, c’est encore pire. May Ahmed, une jeune pharmacienne qui travaille dans la pharmacie de sa mère affirme : "la journée passe avec 5 ou 6 clients, quelques uns de nos clients réguliers qui avaient l’habitude d’acheter leur médicaments par mois sont complètement disparus, d’autres se contentent de la moitié de la quantité". Depuis que les journaux ont annoncé la hausse des prix de l’essence et des cigarettes, le marché est devenu instable, des vendeurs profitent de cette énorme confusion des prix et vont parfois jusqu’à doubler voire tripler le prix de leurs marchandises. Résultat : une augmentation remarquable du taux de chômage, du nombre de mendiants ainsi que des vols et des cambriolages. Lama AHMED. (www.lepetitjournal.com – Le Caire – Alexandrie) mercredi 18 juin 2008 |